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Abidjan : des pas-de-porte à prix d’or, machine à blanchir ou pas ?

À Abidjan, le phénomène des pas-de-porte de magasins ces montants parfois astronomiques exigés pour obtenir un local commercial suscite de plus en plus d’interrogations. Les sommes demandées sont si exorbitantes que de nombreux observateurs se demandent comment les commerçants parviennent réellement à rentabiliser de tels investissements.

Des loyers et pas-de-porte qui s’envolent

Dans plusieurs quartiers de la capitale économique ivoirienne, notamment à Cocody, Marcory ou Plateau, les pas-de-porte atteignent des montants vertigineux, parfois comparables à ceux de grandes capitales internationales. Des locaux de taille modeste peuvent ainsi coûter des dizaines de millions de francs CFA à l’installation, sans compter les loyers mensuels déjà très élevés.

Résultat : certains entrepreneurs renoncent à se lancer, faute de moyens, tandis que ceux qui acceptent de payer ces sommes pharaoniques s’exposent à une pression énorme pour générer du chiffre d’affaires.

Des magasins sans clients… mais toujours ouverts

Ce qui intrigue encore plus, c’est la faible affluence constatée dans certains de ces commerces. Beaucoup de boutiques, installées dans des zones stratégiques, restent désespérément vides. Pourtant, elles continuent d’exister, de payer leurs charges, et de renouveler leur bail. Une situation qui pousse à s’interroger : comment ces structures, sans flux visible de clients, parviennent-elles à survivre ?

La piste du blanchiment d’argent

Pour certains habitants et analystes, la réponse pourrait être moins économique que criminelle. Plusieurs témoignages suggèrent que ces commerces serviraient de façade à des activités de blanchiment d’argent, particulièrement dans des communes huppées comme Cocody. Le schéma est simple : investir dans un magasin, y injecter des fonds en le faisant passer pour une activité commerciale, et ainsi donner une apparence légale à de l’argent dont l’origine est douteuse.

Une réalité préoccupante

Si cette hypothèse est avérée, elle révèle un problème de régulation et de transparence dans le secteur de l’immobilier commercial. Car au-delà de l’impact économique frein à l’entrepreneuriat et à la compétitivité des vrais commerçants c’est aussi un enjeu sécuritaire et financier pour le pays.

Derrière les vitrines élégantes et parfois désertes de certains quartiers d’Abidjan, c’est peut-être tout un système parallèle qui se joue, loin du regard des consommateurs. Un sujet sensible, mais qui mérite d’être mis en lumière pour protéger à la fois l’économie locale et les véritables acteurs du commerce ivoirien.

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