Le dirigeant de KDS Holding restera en prison. La justice a rejeté sa demande de mise en liberté provisoire lors d’une audience marquée par un débat juridique tendu autour de la procédure.
Incarcéré depuis le 27 juin 2024, le responsable de la société fait face à de lourdes accusations dans une affaire liée à un système d’investissement présumé frauduleux qui aurait mobilisé plusieurs milliards de francs CFA.
Une défense qui plaide la clémence
Devant le tribunal, l’avocat du prévenu a tenté de convaincre les juges d’accorder une liberté provisoire à son client. Selon lui, ce dernier est détenu depuis près de 21 mois, une situation qu’il juge excessive.
L’avocat a insisté sur plusieurs éléments pour soutenir sa demande : son client est père de famille, dispose d’une adresse fixe à Abidjan et n’aurait jamais cherché à se soustraire à la justice.
Pour renforcer sa requête, la défense a même proposé le paiement d’une caution de 10 millions de francs CFA et suggéré une mise sous contrôle judiciaire.
Mais ces arguments n’ont pas suffi à convaincre le parquet.
Le procureur invoque une question de procédure
Le procureur de la République s’est fermement opposé à la demande de mise en liberté provisoire, en s’appuyant sur un argument juridique.
Selon lui, la défense ayant fait appel de l’ordonnance de renvoi devant le tribunal, le dossier se trouve désormais entre les mains de la chambre d’instruction.
Dans ces conditions, le tribunal saisi ne serait plus compétent pour statuer sur la demande.
« Le tribunal doit se déclarer incompétent pour connaître de cette affaire », a soutenu le procureur.
Des accusations particulièrement lourdes
Les juges ont finalement suivi cette analyse et rejeté la demande. Ils ont également rappelé la gravité des faits reprochés au dirigeant de KDS Holding.
Ce dernier est poursuivi pour escroquerie de forme pyramidale et blanchiment de capitaux, des infractions qui porteraient sur un montant estimé à près de dix milliards de francs CFA.
L’enquête porte sur un système d’investissement dans lequel de nombreux particuliers avaient placé de l’argent dans l’espoir de réaliser des gains importants.
Des investisseurs toujours dans l’attente
Au fil des mois, l’affaire a suscité de vives inquiétudes parmi les souscripteurs. Plusieurs d’entre eux affirment avoir investi des sommes importantes dans la société.
Mais la structure a par la suite été déclarée illégale par les autorités, plongeant de nombreux investisseurs dans l’incertitude et l’attente d’une décision judiciaire.
Pour ces derniers, le procès à venir est perçu comme l’espoir de comprendre ce qui s’est réellement passé et, éventuellement, de récupérer une partie de leurs fonds.
Retour en détention en attendant le procès
À l’issue de l’audience, le tribunal a donc rejeté la demande de mise en liberté provisoire. Le PDG de KDS Holding demeure sous mandat de dépôt.
Il devra désormais attendre l’ouverture du procès sur le fond, une étape qui devrait permettre à la justice de déterminer les responsabilités dans cette affaire qui continue de faire grand bruit.
