On les appelle les « Reines Pokou » précoces ou les « diététiciennes de circonstance ». Elles n’ont pas encore 30 ans, mais leur mode de vie sent déjà l’huile de palme, la pension de retraite et le calme des plantations. Inspiré par l’analyse de Van Ilan, voici le guide pour démasquer ces jeunes filles qui ont délaissé les maquis bruyants pour le confort des « Vieux Pères ».
L’allergie subite au bruit
Fini le boucan des bars et la poussière des maquis. Son nouvel habitat naturel ? Le calme plat. Elle s’extasie devant une pirogue, l’odeur de l’hévéa ou un hamac sous les cocotiers. Elle s’assoit toujours dans les angles, un paquet de mouchoirs dans une main et ses médicaments dans l’autre. La sérénité avant tout.
Le syndrome de la « Reine Pokou »
À la moindre petite dispute, la phrase fatale tombe : « Je ne suis pas ta camarade hein ! ». À force de côtoyer des retraités qui l’appellent affectueusement « Ma maman », elle a fini par oublier son propre âge. Elle se voit déjà au sommet du royaume, exigeant le respect dû aux ancêtres.
Une pharmacie ambulante version « Senior »
Oubliez le Doliprane ou l’Efferalgan. Elle, elle évolue dans une autre dimension médicale. Elle vous parle de Losartan, de Lisinopril ou de Metmorfim avec une expertise déconcertante. Pour une simple petite diarrhée, elle vous conseillera direct de vérifier votre tension artérielle.
La diététicienne du village
Au restaurant, elle devient plus compliquée qu’un inspecteur de l’hygiène. « Pas trop de sel », « Juste un peu d’huile », « C’est du riz local ? ». Elle réclame du pain au manioc et exige de l’ail découpé sur son poisson d’eau douce. À 22 ans, elle mange comme si elle surveillait son cholestérol depuis 1960.
Un « Google Maps » des corridors et des funérailles
Elle connaît la Côte d’Ivoire mieux qu’un préfet hors grade. D’Abengourou à Zionbly, elle maîtrise tous les nids-de-poule, les gares de transport et les hôtels de province. Plus inquiétant : elle connaît l’emplacement de tous les cimetières et les lieux de funérailles du pays. Une vraie « mémé » cartographe.
Le sommeil « Réflexe »
Elle s’endort devant la télé à 20h30. Netflix ? Les novelas ? Très peu pour elle. Elle a adopté le rythme biologique de son « vieux » : quand il dort, elle dort. Bonus : elle ronfle et bave comme si elle avait fait les travaux forcés, hantée par des cauchemars de fétiches de village.
Le retour de courses version « Socofrais »
Quand une fille normale revient d’un rencard avec une boîte de pizza ou du poulet flambé, elle, elle décharge une Mercedes ou un pick-up L200 rempli de :
- Régimes de banane
- Viande de brousse
- Aubergines et tomates
- Poulet africain (le vrai !)
Un répertoire téléphonique suspect
Ouvrez ses contacts et vous tomberez sur une liste de prestataires dignes d’un chef de chantier ou d’un notable :
- ABOU MÉCANICIEN
- Capi Gnahoré Eaux et forêts
- VIANDE DE BROUSSE ANYAMA
- M. KOUASSI SODEFOROn dirait l’annuaire de la mairie de Tiébissou.
La pro de la finance… sociale
Pendant que ses copines parlent de virements SGCI ou Ecobank, elle maîtrise les rouages de la CGRAE, de la COOPEC et du FIDRA. Ses mots préférés ? « Pension » et « Rente viagère ». Elle ne gère pas de l’argent de poche, elle gère un patrimoine de fin de carrière.
Une nostalgie musicale décalée
Même quand elle écoute du urbain ou du Biama, c’est pour se rappeler « Norbert », le gendarme Agni retraité qui était « trop gentil ». Chaque mélodie est liée à un souvenir de vieux monsieur qui posait sa tête sur son épaule comme un nouveau-né.
Alors, avez-vous reconnu une « jeune mémé » dans votre entourage ?
Si elle vous demande de faire un bilan de santé complet avant votre premier rendez-vous, fuyez… ou préparez votre carnet de retraite !
