Après l’exclusion des figures majeures de l’opposition lors de la présidentielle et la dissolution surprise de la Commission Électorale Indépendante (CEI), l’ancien président Laurent Gbagbo sort de sa réserve. Avec le franc-parler qu’on lui connaît, il dénonce une gestion politique « enfantine » et exprime ses vives inquiétudes quant à l’avenir démocratique du pays.
Une démocratie tronquée : le cas des candidats exclus
Pour Laurent Gbagbo, le processus démocratique en Côte d’Ivoire a perdu toute sa substance à partir du moment où les principaux acteurs politiques ont été arbitrairement écartés de la course au sommet de l’État. L’ancien chef d’État ne cache pas son indignation face à ce qu’il qualifie de manœuvres grossières.
« On organise une élection présidentielle, puis on retire les noms de certains candidats. Pourquoi ? On retire la candidature de THIAM, celle de GBAGBO et celle de SORO… pourquoi ? C’est enfantin. On ne fait pas la politique comme ça. Voilà tout ce que j’appelle le brouhaha. »
En citant explicitement Tidjane Thiam, Guillaume Soro et sa propre personne, Laurent Gbagbo met le doigt sur l’absence totale d’inclusivité qui a caractérisé le récent scrutin présidentiel. Selon lui, éliminer ses adversaires les plus sérieux par des biais administratifs ou judiciaires s’apparente à une parodie de démocratie, loin des standards d’une politique mature et responsable.
De la commission « façon-façon » à la dissolution : le flou total
L’autre cible majeure de l’ancien président reste l’organe qui était chargé de superviser les votes. Longtemps qualifiée de partiale et d’être à la solde du pouvoir en place par l’opposition, la Commission Électorale Indépendante (CEI) vient d’être officiellement dissoute par le gouvernement, qui promet un « nouveau mécanisme ».
Une décision que Laurent Gbagbo observe avec un mélange d’ironie et de profonde méfiance. Évoquant l’ancienne formule comme une commission « façon-façon » (bancale, suspecte), il refuse pour l’instant de crier victoire face à sa dissolution.
« Ils viennent de la dissoudre. Moi, je me tais pour le moment, parce que je ne sais pas encore ce qu’ils vont faire. Je ne sais pas si ce qu’ils préparent sera plus dangereux que ce qu’ils faisaient déjà. »
Un silence lourd de sens
Ce mutisme observé par le leader du PPA-CI n’est pas un signe d’impuissance, mais une posture d’observation stratégique. Alors que le pouvoir en place évoque une volonté de garantir des « élections apaisées » pour l’avenir, la méfiance reste totale au sein de l’opposition.































