Connectez-vous à nous

Hi, what are you looking for?

People

Pourquoi les femmes « matérialistes » ne cachent plus leur jeu

Pendant des décennies, le mot a été brandi comme l’insulte ultime : michto, croqueuse de diamants, vénale. Pour une femme, admettre qu’elle prêtait attention au compte en banque d’un partenaire potentiel relevait du suicide social. Il fallait feindre l’amour pur, désintéressé, presque sacrificiel.

Mais les temps changent, et les algorithmes de TikTok avec eux. Aujourd’hui, de la tendance de la « Sprinkle Sprinkle«  (popularisée par la coach en relations Shera Seven) aux concepts de « hypergamy«  qui cumulent des millions de vues, une nouvelle génération de femmes assume haut et fort ses exigences financières. Pourquoi ce revirement ? Pourquoi ce que l’on qualifiait hier de matérialisme est-il aujourd’hui revendiqué comme une stratégie de survie ou de respect de soi ?

La fin du mythe de la « femme qui bâtit »

Le premier facteur de ce changement est un immense sentiment de lassitude. Pendant des années, on a vendu aux femmes le mythe de la « ride or die » : celle qui reste aux côtés d’un homme qui part de rien, qui l’aide à construire sa vie, quitte à s’oublier en chemin.

Le retour de bâton sociologique a été violent. Beaucoup ont constaté qu’une fois le succès atteint, ces mêmes hommes changeaient parfois de partenaire pour un modèle « plus jeune » ou « plus prestigieux« . Aujourd’hui, le discours a changé : « Je ne suis pas un projet de rénovation », entend-on sur les réseaux. Ne plus cacher son matérialisme, c’est refuser d’investir à perte dans le potentiel financier d’un autre.

Le coût de la vie et le pragmatisme économique

On ne cherche plus un partenaire dans le même monde économique qu’il y a trente ans. Face à l’inflation galopante, à la crise du logement et à la précarité généralisée, le romantisme aveugle est devenu un luxe que beaucoup estiment ne plus pouvoir se permettre.

Pour de nombreuses femmes, analyser le statut financier d’un homme dès le départ n’est plus du matérialisme, c’est du pragmatisme. À quoi bon entamer une relation si c’est pour doubler son anxiété financière ? Afficher la couleur dès le départ permet de filtrer et d’éviter de perdre du temps.

L’influence des réseaux sociaux et la réécriture du « Feminism »

Les réseaux sociaux ont normalisé des conversations qui se tenaient autrefois à huis clos. Des concepts de psychologie évolutionniste ou de sociologie des classes ont été vulgarisés (et parfois simplifiés) pour devenir des modes de vie.

Sur TikTok ou Instagram, demander un certain niveau de vie n’est plus vu comme de la vénalité, mais comme une forme de « High Standards » (des standards élevés). Le discours ambiant a réussi un tour de force : transformer la recherche de sécurité matérielle en un acte d’empowerment et de self-care. L’argument phare ? « Si je travaille dur pour m’offrir un certain style de vie, mon partenaire doit être capable de suivre le rythme, pas de me tirer vers le bas. »

L’égalité salariale encore incomplète et le coût de la maternité

Sous le matérialisme apparent se cache souvent une conscience aiguë des réalités biologiques et systémiques. Malgré les avancées, l’écart salarial persiste, et la maternité reste le principal frein à la carrière des femmes. Celles qui assument chercher un homme « qui a les moyens » mettent souvent en avant le coût invisible d’être femme : les frais liés au corps, à la grossesse, et la baisse de revenus qui accompagne souvent l’arrivée d’un enfant. Dans cette perspective, exiger un partenaire financièrement solide est une manière de compenser les inégalités structurelles de la société.

Du tabou à la transaction transparente

En cessant de cacher leur jeu, ces femmes redéfinissent les règles du marché de la rencontre. En éliminant l’hypocrisie, elles transforment la séduction en une forme de contrat plus transparent, où les attentes de chacun sont posées sur la table dès le premier rendez-vous. Qu’on le déplore ou qu’on l’applaudisse, ce matérialisme décomplexé est le symptôme d’une époque qui a cessé de romanticiser la galère. L’amour a toujours eu une dimension économique ; la seule différence, c’est qu’aujourd’hui, les femmes ont décidé de le dire tout haut.

Cliquez pour commenter

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimerez aussi

Société

Plongé dans le noir pendant plusieurs heures, l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan a été le théâtre d’un incident rare et spectaculaire. Si l’émotion et les...

Société

Le feuilleton judiciaire qui secoue le Djoloff vient de prendre une tournure politique majeure. Matar Ndiaga Seck, alias « Ndiaga Seck », un comptable...

Société

La scène a provoqué une énorme agitation dans la commune de Marcory ce lundi 18 mai 2026. Trois gendarmes ont été interpellés après avoir...

People

Une séquence virale qui relance les débats sur la vie privée des artistes La chanteuse ivoirienne Josey fait actuellement l’objet de nombreuses réactions sur...