À l’approche du 16e de finale historique entre la Norvège et la Côte d’Ivoire, prévu ce mardi 30 juin au Cotton Bowl de Dallas, la presse et les consultants scandinaves oscillent entre confiance prudente et profonde méfiance. Décryptage de ce qui se dit à Oslo.

C’est le premier grand rendez-vous à élimination directe de cette Coupe du Monde 2026, et en Norvège, la pression monte d’un cran. Après avoir terminé leur phase de poules par un match de gestion face à la France, les « Løvene » (les Lions norvégiens) s’attaquent désormais aux Éléphants de Côte d’Ivoire. Si le public scandinave rêve d’un parcours héroïque porté par son duo de stars Martin Ødegaard et Erling Haaland, les spécialistes, eux, appellent au calme et au respect.
Le piège du miroir sénégalais
Au premier tour, la Norvège a dicté sa loi face au Sénégal. Pourtant, pas question pour les observateurs d’assimiler le football ivoirien à celui de ses voisins d’Afrique de l’Ouest. Interrogé sur la chaîne publique NRK, l’ancien international et consultant Carl-Erik Torp a immédiatement planté le décor :

« La Côte d’Ivoire est une équipe d’un niveau bien supérieur à celui du Sénégal. Quiconque pense que ce sera le même type de match se trompe lourdement. »
Une analyse partagée par le technicien Kjetil Rekdal. Dans les colonnes du média spécialisé Norsk Tipping, l’ex-sélectionneur rappelle que les hommes d’Emerse Faé ont les armes pour faire douter les plus grands : « La Côte d’Ivoire menait contre l’Allemagne et a tenu bon très longtemps avant de s’incliner dans les arrêts de jeu de la phase de groupes. Cela en dit long sur leur niveau réel. »

Le péril jeune et la vitesse sur les ailes
Dans les rédactions d’Oslo, le staff technique norvégien est décrit comme particulièrement concentré sur l’animation offensive ivoirienne. Le grand quotidien national VG met notamment en garde contre le profil hybride des Éléphants, capables d’allier l’impact physique au milieu de terrain (un défi de taille pour le milieu d’Arsenal et Sander Berge) à une vitesse dévastatrice dans les couloirs.
Si l’expérience de Nicolas Pépé, auteur d’un doublé contre Curaçao, est soulignée, c’est un autre nom qui revient en boucle : Yan Diomande. Le virevoltant ailier du RB Leipzig est identifié par VG comme « la plus grande menace potentielle pour la défense norvégienne », en raison de sa faculté à briser les lignes en un contre un sur le flanc gauche.
Des failles identifiées derrière la puissance
Tout n’est pas parfait pour autant chez les champions d’Afrique 2024, et la presse norvégienne s’efforce de trouver les failles. En décortiquant le dernier succès ivoirien (2-0), les journalistes de VG Live ont noté que si les individualités étaient capables d’éclairs de génie, le collectif avait eu tendance à baisser de rythme en seconde période.
« Ils sont peut-être un peu désorganisés par moments, et cela peut être un net avantage pour nous », avance Kjetil Rekdal. « Nous sommes particulièrement performants offensivement et nous parvenons à nous créer beaucoup d’occasions dans la verticalité. »
Du 50/50 pour John Carew, léger avantage chez les parieurs
Signe que l’issue de ce 16e de finale reste très incertaine, l’ancienne gloire du football norvégien, John Carew, s’est refusée à tout pronostic hâtif au micro de la NRK : « Pour moi, c’est du 50/50. Tout dépendra de l’entame de match. »

Sur les plateformes de paris sportifs locales, la balance penche pourtant légèrement en faveur de la Norvège (cote moyenne de 2,00 contre 3,60 pour un exploit ivoirien). Reste à savoir si le pari audacieux du sélectionneur norvégien qui a fait souffler Haaland et Ødegaard sur le banc face aux Bleus s’avérera payant sur la pelouse texane mardi prochain. Les Éléphants, de leur côté, sont prévenus : l’effet de surprise n’aura pas lieu.































