Souvent confondus avec les Ébrié ou les Attié, les Ghwa (également appelés M’Bato) constituent pourtant un groupe ethnique majeur du sud de la Côte d’Ivoire. Entre histoire de guerriers et discrétion légendaire, voici ce qu’il faut savoir sur les « maîtres de la terre » de Bingerville.
Le peuple Ghwa est un peuple lagunaire situé principalement dans les zones de Bingerville et d’Alépé . Bien qu’ils soient parfois perçus comme peu nombreux, ils sont répartis dans 11 gros villages, dont le plus emblématique est Monga.
Monga est décrit comme l’un des plus grands villages de Côte d’Ivoire, avec une superficie telle qu’il est nécessaire de circuler en voiture pour passer d’un quartier à un autre . Le village est composé d’une dizaine de quartiers, chacun ayant la taille d’un village ordinaire.
Des guerriers nomades devenus propriétaires terriens
Historiquement, les Ghwa étaient un peuple nomade et de grands guerriers . En migrant dans la zone sud, ils se sont imposés face aux populations locales pour s’installer durablement. Aujourd’hui, une grande partie des terres prisées de Bingerville et d’Alépé leur appartient . Bingerville : Les terrains que l’on y achète sont majoritairement des terres M’Bato Motobé : Ce village, surnommé la « seconde baie des milliardaires« , est un village Ghwa .
Un peuple d’excellence et de réserve
Malgré leur influence foncière et la réussite de leurs cadres, les Ghwa sont réputés pour être un peuple très réservé . Cette éducation privilégie la discrétion à l’ostentation, ce qui explique pourquoi ils sont souvent assimilés à d’autres groupes. Pourtant, le peuple Ghwa a donné naissance à d’illustres figures ivoiriennes, notamment : Le Cardinal Bernard Agré : Figure emblématique de l’Église catholique, il était originaire de ce peuple . De nombreux cadres et ministres : À l’instar de l’ancien ministre Simon .
Culture et Gastronomie
La langue parlée est le Ghwa, bien qu’elle ait intégré des sonorités Ébrié et Attié au fil des siècles . Côté cuisine, les Ghwa sont de grands consommateurs de foutou et revendiquent la paternité d’un certain type d’attiéké très apprécié, le « Bon de Ben Bon ». Derrière une apparente discrétion se cache un peuple fier, dont l’histoire et les terres sont au cœur du développement de la région d’Abidjan et de ses environs.
