Le drame se répète. Et la peur s’installe peu à peu dans plusieurs communes d’Abidjan. Après l’effondrement tragique d’un immeuble à Koumassi Soweto le samedi 23 mai 2026, derrière l’hôtel Belem, une nouvelle alerte a semé l’inquiétude ce lundi 25 mai à Cocody Saint-Viateur, où un immeuble de cinq étages a dû être évacué en urgence à cause de signes inquiétants de fragilité.
À chaque nouvelle catastrophe, les mêmes questions reviennent :
Que se passe-t-il réellement dans le secteur de la construction en Côte d’Ivoire ? Pourquoi de plus en plus de bâtiments semblent-ils céder au moindre signe de faiblesse ? Et surtout… qui protège réellement les populations ?
À Koumassi, le bilan continue de s’alourdir au fil des recherches menées par les secours. Des familles entières vivent désormais dans l’angoisse, pendant que d’autres habitants regardent avec peur les fissures apparaître sur leurs propres immeubles.
À Cocody Saint-Viateur, les autorités ont préféré agir avant le pire. Des carreaux qui se détachent, des signes visibles de dégradation… il n’en fallait pas plus pour déclencher une évacuation préventive. Une décision saluée par de nombreux riverains, encore traumatisés par les récents drames.
Mais au-delà des faits, une réalité dérangeante saute aux yeux : les anciennes cités SICOGI ou SOGEFIHA, construites il y a plusieurs décennies, résistent souvent mieux au temps, aux pluies et même aux inondations que certains immeubles flambant neufs sortis de terre récemment.
Alors, où est le problème ?
Beaucoup dénoncent aujourd’hui une véritable course à la construction rapide. Posséder un immeuble est devenu un symbole de réussite sociale. Résultat : certains promoteurs veulent construire vite, très vite… parfois au détriment de la qualité, du respect des normes ou du contrôle technique.
Et qu’on ne vienne pas tout expliquer par la hausse du prix des matériaux. Construire un immeuble engage des vies humaines. Lorsqu’on décide de bâtir, il faut être prêt à assumer les coûts nécessaires pour garantir la sécurité des futurs occupants. Économiser sur le ciment, le fer ou les fondations peut transformer un bâtiment en piège mortel.
Aujourd’hui, beaucoup de locataires déboursent des loyers exorbitants pour vivre dans des logements qui donnent parfois l’impression d’être construits en carton. À la moindre pluie, certains plafonds fuient, les murs se fissurent, les carreaux se décollent… et désormais, les immeubles eux-mêmes inquiètent.
Oui, l’État multiplie les opérations de contrôle et les évacuations préventives. Oui, les autorités tentent d’agir. Mais face à la multiplication des cas, nombreux sont ceux qui réclament désormais une vraie fermeté : contrôles rigoureux, sanctions exemplaires contre les constructions anarchiques, fermeture des chantiers non conformes et poursuites contre les promoteurs négligents.
Car derrière chaque immeuble qui tombe, ce sont des vies, des familles et des rêves qui s’effondrent aussi.
