Stéphane Bahi, directeur de publication de L’Éléphant déchaîné, et Assalé Tiémoko, directeur général du journal, ont été entendus le lundi 3 août 2026 à la Préfecture de police d’Abidjan. Cette procédure fait suite à une plainte déposée par le ministre-gouverneur du District autonome d’Abidjan, Cissé Bacongo.
Deroulement des auditions et griefs retenus
Les deux responsables de presse ont été auditionnés séparément de 10 h 30 à 22 h, en présence de leurs avocats. Les faits examinés portent sur la publication, le 8 juillet 2026, d’un hors-série consacré à l’opération de déguerpissement du quartier Koumassi Campement.
La plainte déposée par Cissé Bacongo vise les infractions suivantes :
Diffusion de fausses nouvelles, Injure commise par le biais d’un système d’information, Diffamation, Incitation à la révolte.
La procédure concerne également la réalisation d’une vidéo en direct sur les réseaux sociaux par Assalé Tiémoko pour présenter le contenu de ce numéro spécial. La direction du journal indique pour sa part qu’il s’agit d’une pratique habituelle de promotion lors de la parution de ses enquêtes.
La décision de l’Autorité Nationale de la Presse (ANP)
En réaction à la parution de l’article, le District autonome d’Abidjan avait notifié au journal, le 14 juillet 2026, un droit de réponse par exploit de commissaire de justice. Estimant que ce texte contenait des éléments non conformes à l’article 71 de la loi n°2017-867 relative au régime juridique de la presse notamment une mise en demeure d’apporter des preuves sous 48 heures, la direction du journal a refusé sa publication en l’état et saisi l’ANP.
Par un courrier daté du 31 juillet 2026, signé par son président Bakary Sanogo, l’ANP a estimé que le document du District comportait des éléments étrangers à l’article initial. L’autorité de régulation a demandé au ministre-gouverneur de supprimer ces passages avant de transmettre une nouvelle version au journal pour publication.
Positionnement des organisations professionnelles
L’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) n’a pas publié de communiqué officiel concernant ces auditions. Le vice-président de l’organisation chargé des Affaires juridiques, Théodore Sinzé, s’est rendu sur les lieux au cours de la journée pour rencontrer les deux journalistes.































