C’est un séisme à la fois médiatique, judiciaire et financier qui secoue l’Espagne. Jonathan Andic, fils aîné du créateur de l’empire textile Mango, a été interpellé ce mardi 19 mai 2026 près de Barcelone. Soupçonné d’avoir tué son père, le milliardaire Isak Andic, en décembre 2024, le quadragénaire a évité la détention provisoire en s’acquittant d’une caution record.
De l’accident de randonnée à la piste criminelle
L’affaire débute le 14 décembre 2024. Isak Andic, alors âgé de 71 ans et à la tête d’une fortune estimée par Forbes à 4,5 milliards de dollars, fait une chute mortelle de plus de 100 mètres. Le drame survient lors d’une randonnée sur un sentier escarpé du massif de Montserrat, aux environs de Barcelone. À ce moment-là, son fils aîné, Jonathan Andic (45 ans), est le seul témoin de la scène.
Initialement qualifié d’accident tragique en haute montagne, le dossier est rapidement classé par la justice espagnole. Mais les doutes des enquêteurs et les incohérences signalées dans les dépositions poussent la police catalane (Mossos d’Esquadra) à rouvrir discrètement l’enquête à la fin de l’année 2025, requalifiant l’affaire en « homicide présumé ».
Une interpellation sous tension à Martorell
Ce mardi 19 mai 2026 au matin, un nouveau cap a été franchi. Jonathan Andic, actuel vice-président du conseil d’administration de Mango, a été interpellé et conduit menotté, la tête baissée, devant le tribunal de Martorell, à une trentaine de kilomètres de la capitale catalane.
À l’issue d’une audition de plusieurs heures, la juge d’instruction a prononcé des mesures conservatoires très lourdes, témoignant de la gravité des soupçons :
Une caution d’un million d’euros, réglée de manière quasi immédiate par l’héritier pour s’éviter la prison préventive. Le retrait immédiat de son passeport assorti d’une interdiction stricte de quitter le territoire espagnol. Une obligation de pointage hebdomadaire devant le tribunal.
Isak Andic avait commencé à structurer sa succession en ouvrant pour la première fois en 2023 le capital de Mango à hauteur de 5 % à son directeur général Toni Ruiz, ouvrant la voie à une gouvernance partagée qui, selon l’entourage, faisait l’objet de vives discussions familiales.
La défense dénonce une hypothèse « incohérente »
Du côté de la multinationale de la mode et de la famille, on fait bloc derrière le vice-président. Contactée par les agences de presse, une porte-parole de la famille Andic a réaffirmé l’« innocence absolue » de Jonathan, assurant qu’« il n’existe pas et on ne trouvera pas de preuves à charge » contre lui.
Son avocat, le ténor du barreau espagnol Cristóbal Martell, dénonce quant à lui une thèse criminelle « douloureuse et stigmatisante pour un homme innocent ». L’enquête, toujours couverte par le secret de l’instruction en Catalogne, devra désormais déterminer si les éléments matériels permettent de soutenir l’accusation de parricide ou si la thèse de l’accident reprendra le dessus.
