Le décès d’un proche est une épreuve universellement douloureuse, mais lorsqu’il ouvre la voie à des querelles intestines et à des batailles juridiques, le deuil se transforme en calvaire. C’est le triste scénario auquel fait face la famille de feu Drogba Degret Henri Serge, rappelé à Dieu le 23 mai 2026 en Côte d’Ivoire des suites d’une insuffisance cardiaque.

Invitées sur le plateau d’Actupeople, deux de ses filles, Stéphie Drogba et Rosemond (Meggie) Drogba, ont brisé le silence. Entre larmes et indignation, elles dénoncent l’ingérence de certains membres de la famille, l’instrumentalisation des coutumes et demandent le droit d’enterrer leur père dignement, dans le respect de leur mère.
Un père « dictateur » au grand cœur, pilier de la famille
Pour Rosemond et Stéphie, Drogba Henri Serge cousin germain du père de la star internationale du football Didier Drogba était un monument. Décrit avec émotion comme un homme « doux-amer », un « sapeur » adepte de la joie de vivre et un père autoritaire « à l’ancienne », il a passé l’essentiel de sa vie en région parisienne (à Sarcelles et Épinay-sur-Seine) où il exerçait comme gardien d’immeuble avant de prendre sa retraite.
À l’âge de la retraite, il avait choisi de retourner en Côte d’Ivoire pour se reposer. Malheureusement, sa santé s’est rapidement dégradée. Bloqué à Abidjan alors qu’une évacuation médicale vers la France était en préparation, il s’est éteint, laissant derrière lui une famille recomposée de huit enfants éduqués dans l’amour et le partage.

Le point de départ du conflit : La manipulation de l’aîné et le choix des dates
Les tensions ont éclaté dès le lendemain du décès, autour de l’organisation des obsèques. Les filles expliquent que leur frère aîné, résidant à Abidjan, s’est retrouvé sous la pression du chef du village et de cousines de leur père. Un premier compromis entre frères et sœurs avait fixé la date de l’enterrement au 10 juillet à Niaprayo, la terre natale du défunt, une décision initialement validée par la veuve.
Cependant, l’ingérence de tantes paternelles a tout fait basculer. Sans consulter le reste de la fratrie, l’aîné a unilatéralement reporté les obsèques à la fin juillet, fixant l’inhumation au 1er août une date hautement symbolique et blessante puisqu’il s’agit du jour de l’anniversaire de Rosemond. Face aux contestations de ses sœurs, l’aîné a rompu le dialogue et bloqué leurs numéros.
L’arène judiciaire : Faux mariages et pressions politiques
Devant le refus de communication et face au risque de voir le corps transféré en secret vers le village, les filles et leur mère ont saisi la justice ivoirienne pour bloquer le transfert. Une première médiation devant le juge avait pourtant mené à un accord : les documents confisqués par l’aîné devaient être restitués à la veuve (notamment pour les démarches liées au stimulateur cardiaque du défunt) et la date avait été repoussée à la mi-août à Abidjan.
Mais le répit fut de courte durée. Selon Stéphie et Rosemond, l’aîné, soutenu par leur tante Nicole (personnalité locale de Guéyo), s’est rétracté. Pire encore, les filles dénoncent des tentatives de falsification administrative visant à faire valoir un prétendu mariage coutumier de l’aîné datant de 1977, dans le but d’évincer la veuve légale.
Les sœurs Drogba évoquent également des menaces claires venues du village, affirmant que certains acteurs tentent d’instrumentaliser les tensions en prétendant avoir « le bras long » ou le soutien de partis politiques (le RHDP) pour faire plier la justice.
L’honneur de la veuve bafoué au nom de la tradition
Au-delà de la date et du lieu, c’est le traitement réservé à leur mère qui révolte les deux sœurs. Mariée légalement à l’église et à la mairie, ayant partagé plus de 40 ans de vie avec le défunt et accueilli tous les enfants de ce dernier sans distinction, elle se retrouve aujourd’hui insultée, traitée de « femme méchante » et mise à l’écart sous couvert de traditions bétés prétextant que « la veuve n’a jamais raison ».
« On se cache derrière les coutumes pour faire tout et n’importe quoi, et c’est inadmissible. Notre mère a été digne, elle a respecté son mari jusqu’au bout… On ne peut pas venir l’écraser », martèle Rosemond avec force.
Une décision finale : L’inhumation à Abidjan
Blessées par les calomnies, les menaces et le manque de respect envers leur mère, les filles ont pris une décision radicale : elles refusent désormais que leur père soit enterré à Niaprayo. Leur volonté finale est que Drogba Henri Serge soit inhumé à Abidjan, loin des tiraillements du village.
Malgré un échange téléphonique de dernière minute avec l’aîné qui affirme « ne pas être celui qui décide derrière tout cela », la situation reste floue et suspendue à la décision de justice en appel. Les filles, épuisées moralement, lancent un appel ultime à l’unité de la grande famille Drogba pour que ce « grand homme » reçoive les hommages qu’il mérite, dans la paix, la vérité et la dignité.































