Ce mercredi 21 mai 2025, à l’issue du Conseil des ministres tenu au Palais présidentiel d’Abidjan, le gouvernement ivoirien est monté au créneau pour répondre aux récentes critiques de l’opposition, notamment celles du PDCI-RDA et du PPA-CI. Le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a tenu à clarifier plusieurs points, notamment sur la gestion des évacuations sanitaires et les ambitions internationales du président du PDCI, Tidjane Thiam.
Moins d’évacuations sanitaires, plus d’investissements dans les hôpitaux
Face aux accusations de « favoritisme » dans l’octroi d’évacuation sanitaire à l’étranger, le ministre de la Communication a rappelé les efforts fournis pour moderniser le système de santé ivoirien. Selon lui, les chiffres parlent d’eux-mêmes :
« En 2022, 74 patients ont été évacués. Ce chiffre est passé à 51 en 2023, puis à 38 en 2024. On observe une baisse continue qui traduit une amélioration de notre plateau technique. »
En parallèle, Amadou Coulibaly a précisé que 800 personnes avaient été prises en charge localement en 2023 via les services sociaux du ministère de la Santé, contre 318 en 2024. Cette baisse s’expliquerait, selon lui, par un meilleur accès aux soins et une augmentation du pouvoir d’achat des citoyens.
Le ministre a également dressé un panorama des investissements en cours dans le secteur sanitaire :
- Construction ou rénovation des hôpitaux de Danané, Méagui, Doke, Guiglo et Soubré,
- Réhabilitation des CHR d’Adzopé, Aboisso, San Pedro et Korhogo,
- Équipements de pointe au CHR de Bouaké, notamment en neurochirurgie,
- Ouverture prochaine de l’Institut de Médecine Nucléaire pour le traitement du cancer. « Grâce au Centre national de radiothérapie Alassane Ouattara, les traitements contre le cancer se font désormais localement, avec une prise en charge intégrale pour les patients à faibles revenus », a-t-il souligné.
- Thiam, l’Europe et la loi ivoirienne
Interpellé sur la récente tournée européenne de Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA, et ses déclarations devant le Parlement européen, Amadou Coulibaly a préféré s’en tenir à la légalité.
« Je ne commente pas les décisions de justice. Une loi, même si elle paraît désuète, reste applicable tant qu’elle n’est pas abrogée », a-t-il affirmé, en référence aux obstacles juridiques évoqués par Thiam concernant sa candidature à la présidentielle de 2025.
Concernant les critiques de l’opposition sur la gouvernance du pays, le ministre a tenu à rappeler les avancées reconnues sur le plan international :
« La Côte d’Ivoire fait partie des cinq pays au monde ayant connu les plus fortes progressions de l’Indice de développement humain (IDH), et elle occupe la première place en Afrique selon le dernier rapport du PNUD. »
« On ne dénigre pas un pays qu’on prétend diriger »
Pour conclure, le porte-parole du gouvernement a appelé à plus de responsabilité dans le débat politique :
« Quand on aime son pays, on l’aide à progresser. Critiquer pour critiquer, surtout à l’international, n’apporte rien de constructif, surtout lorsqu’on aspire à diriger ce même pays. »
