À l’occasion de la commémoration des 36 ans du multipartisme en Côte d’Ivoire, le président du Front Populaire Ivoirien (FPI) a dressé un réquisitoire sévère contre la gestion du RHDP. Pascal Affi N’Guessan alerte sur un recul démocratique et s’oppose fermement à ce qu’il qualifie de volonté du pouvoir d’installer une dynastie à la tête de l’État.
Lors d’une conférence de presse tenue le jeudi 7 mai 2026 à Cocody, Pascal Affi N’Guessan a dressé un bilan alarmant de la santé démocratique du pays. Pour l’ancien Premier ministre, les libertés acquises depuis 1990 sont aujourd’hui sous « haute surveillance ».
Un recul des libertés publiques
Le leader du FPI a pointé du doigt ce qu’il considère comme un harcèlement systématique des voix critiques. Journalistes, blogueurs et opposants politiques feraient l’objet de pressions judiciaires constantes. Il dénonce une restriction quasi systématique des manifestations publiques, estimant que le régime utilise la répression et l’intimidation pour museler toute contestation.
Pascal Affi N’Guessan n’a pas non plus épargné les médias de service public, notamment la RTI, qu’il accuse d’avoir abandonné sa mission de pluralisme pour devenir l’instrument exclusif de la communication gouvernementale.
L’ombre d’une « succession familiale »
L’un des points les plus saillants de son intervention concerne l’avenir politique du pays. Le président du FPI a ouvertement accusé le RHDP de préparer le terrain pour une succession dynastique. Selon lui, le pouvoir chercherait à imposer Téné Birahima Ouattara, frère cadet du président actuel, pour la prochaine présidentielle.
« Le RHDP veut installer une succession familiale au pouvoir », a-t-il martelé, fustigeant une gestion qu’il juge clanique et contraire aux principes d’égalité républicaine.
Un appel à la résistance et au « sursaut national »
Sur le plan social, Affi N’Guessan a évoqué la dégradation du pouvoir d’achat et la précarité des producteurs de café-cacao, victimes selon lui d’un système injuste.
Face à ce qu’il nomme une « dérive autoritaire », il a appelé l’opposition et les citoyens à la résistance. Il prône un « sursaut national » pour imposer une réforme du système électoral et garantir la stabilité institutionnelle, affirmant que la Côte d’Ivoire se trouve actuellement à un tournant décisif de son histoire.
