Connectez-vous à nous

Hi, what are you looking for?

Société

Agents de sécurité en Côte d’Ivoire : Ces « hommes à tout faire » que la dignité a oublié

Ils sont les premiers arrivés et les derniers partis. Postés devant nos banques, nos résidences et nos commerces, les agents de sécurité privée sont les piliers invisibles de notre tranquillité. Pourtant, derrière l’uniforme souvent élimé se cache une réalité brutale : salaires de misère, mépris social et absence de couverture médicale. Enquête sur les plus démunis des travailleurs ivoiriens, ceux qui protègent les richesses des autres sans pouvoir assurer leur propre quotidien.

Le paradoxe du protecteur précaire

Il est ironique de voir qu’un homme payé parfois moins de 60 000 FCFA par mois soit chargé de surveiller des coffres-forts ou des villas valant des millions. Ce « salaire de survie » ne couvre même pas le transport et le logement à Abidjan, plongeant ces travailleurs dans un cycle d’endettement permanent.

« Homme à tout faire » : Le glissement des tâches

L’agent de sécurité en Côte d’Ivoire n’est plus seulement un veilleur. Il est devenu, par la force des choses : Le porteur de bagages des clients. Le jardinier de la résidence. Celui qui lave les voitures le matin. Le messager du patron.Ce cumul de fonctions se fait sans aucune compensation financière, sous la menace constante du licenciement.

Un cadre légal souvent ignoré

Malgré l’existence d’une convention collective et de décrets régissant le secteur de la sécurité privée, de nombreuses agences (parfois appelées « sociétés de gardiennage de quartier ») opèrent dans l’illégalité totale. Résultat : pas de déclaration à la CNPS, pas de congés payés, et des gardes de 24h à 36h sans repos compensatoire.

Le mépris social : La blessure invisible

Au-delà de l’argent, c’est le manque de considération qui tue. Rarement salués, souvent réprimandés pour un moment de fatigue après une nuit blanche, ils sont les laissés-pour-compte du boom économique ivoirien.
Réformer le secteur de la sécurité privée en Côte d’Ivoire n’est plus une option, c’est une urgence humanitaire. Protéger ceux qui nous protègent, c’est avant tout leur rendre leur dignité de travailleur. Tant que l’agent de sécurité sera perçu comme un « pion » interchangeable plutôt que comme un professionnel, le secteur restera la plaie ouverte du marché de l’emploi en Côte d’Ivoire.

Cliquez pour commenter

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimerez aussi

Politique

Jusqu’au milieu des années 1950, Dakar régnait en maître absolu sur l’Afrique Occidentale Française (AOF). Capitale politique, financière et administrative, le Sénégal dictait sa...

Société

Dans une interview accordée à la chaîne Côte d’Histoire, Maurisson Dagrou Loula, fils aîné du Colonel Dagrou Loula (ex-commandant du 3ᵉ bataillon d’infanterie de...

People

Avant la déferlante afrobeats globale, il y a eu ce raz-de-marée mondial signé Nico & Vinz avec le hit interplanétaire « Am I Wrong...

Société

La célébration nuptiale s’est transformée en un tragique cauchemar pour une famille à Abidjan.Un incendie survenu ce samedi 12 septembre 2026 dans une résidence...