À 67 ans, Ahoua Don Mello n’est pas un inconnu du paysage politique ivoirien. Ingénieur, universitaire, ancien ministre et compagnon de route de Laurent Gbagbo, il s’avance aujourd’hui dans l’arène présidentielle de 2025 avec une ambition assumée : mettre fin au long règne d’Alassane Ouattara et incarner une nouvelle voie pour la Côte d’Ivoire.

Du génie civil à la politique : un parcours d’excellence
Né le 23 juin 1958 à Bongouanou, d’un père Agni et d’une mère Baoulé, Ahoua Don Mello incarne à lui seul une forme de synthèse de la Côte d’Ivoire.
Diplômé de l’École nationale supérieure des travaux publics de Yamoussoukro, puis de la prestigieuse École nationale des Ponts et Chaussées de Paris, il devient docteur-ingénieur à seulement 27 ans.
De retour au pays, il enseigne à l’Institut national polytechnique Félix Houphouët-Boigny (INPHB) avant de diriger plusieurs structures techniques d’envergure, dont la Technopole de Yamoussoukro et le Bureau national d’études techniques et de développement (BNETD), qu’il pilote de 2000 à 2011.
Cette période marque son ascension dans la haute administration ivoirienne, où il s’impose comme un technocrate rigoureux, respecté pour sa compétence et sa vision du développement.

L’homme du FPI devenu candidat à la présidence
Militant de gauche dans sa jeunesse, Ahoua Don Mello rencontre Laurent Gbagbo dans les années 1980 à Paris, alors qu’il milite au sein du Parti communiste français.
De retour au pays, il devient un cadre influent du Front populaire ivoirien (FPI), avant de fonder en 1997 son propre parti, La Renaissance, puis de revenir dans le giron de Gbagbo à la veille de l’alternance de 2000.
Nommé ministre de l’Équipement et de l’Assainissement puis porte-parole du gouvernement Aké N’Gbo en 2010, il reste fidèle au président Gbagbo jusqu’à la chute du régime en avril 2011.
Contraint à l’exil après la crise postélectorale, il s’installe d’abord au Burundi, puis en Guinée, où il devient conseiller spécial du président Alpha Condé jusqu’au coup d’État de 2021.
Un panafricaniste convaincu, enraciné dans les réseaux du Sud global
De retour sur la scène africaine, Don Mello s’impose comme l’un des visages du panafricanisme technocratique.
Nommé en 2021 haut représentant des BRICS pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, il devient ensuite vice-président chargé des projets stratégiques de cette organisation émergente, symbole d’une Afrique plus souveraine.
Son discours met désormais en avant la coopération Sud-Sud, la libération économique du continent et la refondation institutionnelle des États africains.
Une candidature de rupture au sein de l’opposition
En juillet 2025, alors que Laurent Gbagbo se voit interdit de candidature, Ahoua Don Mello annonce sa participation à l’élection présidentielle.
Un acte perçu par le PPA-CI comme une « décision personnelle », mais que l’intéressé présente comme une candidature de précaution, au nom du combat historique de la gauche ivoirienne.

« Je ne me présente pas contre Gbagbo, ni contre le PPA-CI, mais pour que l’opposition ait une voix au cas où le président Gbagbo ne serait pas autorisé à se présenter », expliquait-il alors.
Soutenu par une partie des militants déçus de la ligne attentiste du PPA-CI, Ahoua Don Mello s’affirme comme le porte-voix d’une opposition intellectuelle, prônant une gouvernance éthique, une économie productive et la restauration de la souveraineté nationale.
Un défi immense face au système Ouattara
Face à un pouvoir solidement installé depuis 2011, Don Mello sait que le chemin vers la présidence sera long et escarpé.
Mais son profil à la fois technocrate, intellectuel et homme d’expérience lui confère une légitimité singulière dans un paysage politique souvent dominé par les clans et les alliances d’intérêts.
Son ambition dépasse la simple alternance :
« Ce que je veux, c’est réconcilier la Côte d’Ivoire avec elle-même, restaurer la dignité du travail et libérer le potentiel africain », martèle-t-il.
Qu’il parvienne ou non à renverser le rapport de forces, Ahoua Don Mello aura réussi à remettre au centre du débat la question essentielle de la relève politique et de la souveraineté nationale.
































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