À un peu plus de 3 mois de l’élection présidentielle , la question de la candidature d’Alassane Ouattara reste entière. Le président, aujourd’hui âgé de 83 ans, laisse planer le doute. Aucun discours officiel n’a formellement annoncé sa candidature… ni son retrait. Alors, se présentera-t-il pour un quatrième mandat ? Voici les éléments à prendre en compte :
Ce qui laisse penser qu’il pourrait se représenter
- La gestion des poids lourds de l’opposition
Les radiations de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et Tidjane Thiam de la liste électorale pour 2025 ont alimenté les soupçons d’un « nettoyage politique » en vue d’un duel sans véritable adversaire. L’absence de figures fortes face au RHDP pourrait créer un contexte électoral favorable à une candidature d’Alassane Ouattara.
- L’absence de dauphin clair
Depuis la mort d’Amadou Gon Coulibaly en 2020, aucun successeur naturel ne s’est imposé au sein du parti. Patrick Achi a perdu du terrain, Tiémoko Meyliet Koné reste discret, Adama Bictogo est trop clivant, et Kobenan Adjoumani trop politique pour incarner une candidature de rassemblement.
- Les signaux indirects
Ouattara conserve un agenda national et international très actif. Ses tournées, inaugurations et prises de parole laissent transparaître une forme de pré-campagne. Il reste omniprésent dans les décisions stratégiques du RHDP, preuve que le parti tourne encore autour de sa personne.
- La logique du dernier rempart
Le discours sécuritaire sur la stabilité du pays face aux menaces terroristes et aux troubles régionaux (Mali, Burkina Faso, Guinée) pourrait servir d’argument majeur pour justifier sa reconduction, sous la bannière de l’expérience et de la continuité.
Ce qui laisse penser qu’il pourrait ne pas se représenter
L’usure du pouvoir
Avec trois mandats consécutifs depuis 2010, Alassane Ouattara est politiquement usé, et sa candidature pourrait cristalliser une fatigue démocratique dans l’opinion publique, en particulier chez les jeunes électeurs.
Son propre discours de 2020
En mars 2020, Ouattara avait annoncé qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, avant de se raviser à la mort de Gon Coulibaly. Revenir sur cette parole une deuxième fois fragiliserait sa crédibilité historique.
La volonté de passer la main
Certains proches font fuiter l’idée qu’Alassane Ouattara voudrait quitter la politique par la grande porte, en assurant une transition maîtrisée. Il aurait encore du temps pour imposer un dauphin, notamment à travers le remaniement attendu ou un congrès extraordinaire du RHDP.
Vers une candidature conditionnelle ?
Aujourd’hui, Alassane Ouattara garde toutes les cartes en main. Il avance à petits pas, observant le terrain, testant les réactions internes et internationales. Une chose est sûre : s’il sent que le RHDP ne peut pas gagner sans lui, il n’hésitera probablement pas à se lancer.
Mais s’il parvient à faire émerger un profil crédible dans son camp, il pourrait opter pour un retrait stratégique, tout en restant dans l’ombre comme garant de l’héritage.
