Société

Après les violences à Yopougon, le PPA-CI dénonce une »répression ciblée » et menace de saisir la CPI .

Les scènes de violence survenues dans la nuit du 1er au 2 août à Yopougon continuent de faire des remous, bien au-delà du fait divers sécuritaire. Dimanche, c’est leParti des Peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) , formation de l’opposition fondée par Laurent Gbagbo, qui a pris la parole pour dénoncer l’arrestation jugée arbitraire de plusieurs de ses militants.

Selon le parti, ces interpellations s’inscrivent dans une stratégie de répression politique à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025.

11 arrestations… mais qui sont les véritables cibles ?

Si le ministre de l’Intérieur a évoqué 11 interpellations consécutives aux violences urbaines (incendie d’un bus SOTRA, dégradation d’un véhicule de police), le PPA-CI affirme que certains de ses cadres ont été arrêtés sans lien avéré avec les troubles, et sans respect des procédures.

« Il ne s’agit pas d’une opération sécuritaire, mais d’un coup politique », accuse un porte-parole du parti.

Une justice à deux vitesses ?

Le PPA-CI dénonce une justice instrumentalisée, où les opposants seraient les seuls à être ciblés, pendant que les proches du pouvoir bénéficient, eux, d’une impunité quasi-totale.

« Depuis plusieurs mois, nos militants sont surveillés, harcelés, arrêtés. Aujourd’hui, c’est l’arbitraire total. On prépare esprits à une élection verrouillée », déclare un cadre du parti sous anonymat.

La CPI, ultime recours ?

Face à ce qu’il qualifie de persécutions organisées, le PPA-CI dit envisager de porter l’affaire devant la Cour pénale internationale (CPI). Pour le parti, les événements de Yopougon ne sont qu’un prétexte utilisé par le gouvernement pour étouffer l’opposition dans l’œuf, comme en témoignerait selon eux l’exclusion de Laurent Gbagbo du processus électoral.

Un membre de la direction du parti affirme :

« La répression actuelle s’apparente à une stratégie d’épuration politique. Si l’État de droit est bafoué, nous porterons plainte devant les juridictions internationales. »

En toile de fond : une présidentielle déjà sous tension

Avec l’exclusion de plusieurs figures majeures (Gbagbo, Thiam, etc.), le climat préélectoral est explosif. Le gouvernement, de son côté, affirme que les procédures sont légales, les enquêtes basées sur des faits précis, et que force restera à la loi.

Mais pour l’opposition, le décor est clair : un régime qui instrumentalise la peur et la sécurité pour filtrer ses adversaires.

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