À moins de deux mois de l’élection présidentielle du 25 octobre prochain, la tension politique s’intensifie en Côte d’Ivoire. Dans la nuit du 1er au 2 septembre, Ibrahim Zigui, militant du Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI), a été arrêté après avoir appelé, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, les partisans de son camp à se mobiliser autour de la décision du Conseil constitutionnel sur la validation des candidatures.
Un appel à manifester qui lui vaut la prison
Dans sa vidéo, le militant appelait les Ivoiriens à « sortir massivement », comparant la mobilisation attendue à une « finale » nationale, drapeaux et maillots aux couleurs du pays à la main. Un message que les autorités ont assimilé à un appel à la contestation. Cette déclaration a suffi à justifier son interpellation et sa mise en détention.
Un climat marqué par les arrestations
L’arrestation d’Ibrahim Zigui intervient dans un contexte déjà marqué par une multiplication des poursuites contre les figures de l’opposition. Depuis plusieurs semaines, des cadres du PDCI-RDA et du PPA-CI font l’objet d’arrestations. L’ancien ministre Lida Kouassi Moïse et l’ex-ambassadeur Koné Boubacar sont détenus depuis début août, tandis que des personnalités comme Damana Pickass ou Blaise Lasm voient leurs libertés restreintes.
Les libertés individuelles de plus en plus limitées
Ces arrestations renforcent les inquiétudes sur l’état des libertés individuelles en Côte d’Ivoire. L’opposition dénonce une instrumentalisation de la justice visant à fragiliser ses rangs, alors que le président Alassane Ouattara, candidat à un quatrième mandat contesté, se prépare à affronter une élection décisive.
La crainte d’une nouvelle crise
L’annonce de la candidature de l’ancien président Laurent Gbagbo a déjà ravivé les tensions. Pour de nombreux observateurs, la répression actuelle pourrait accentuer les fractures politiques et sociales, et faire craindre une résurgence de violences post-électorales comme celles qui ont marqué l’histoire récente du pays.
Alors que la décision du Conseil constitutionnel sur la validation des candidatures est très attendue, l’arrestation d’Ibrahim Zigui apparaît comme un nouvel épisode révélateur d’un climat politique crispé, où chaque parole discordante semble désormais susceptible de mener à la prison.

Pingback: Camille Makosso critique sévèrement Ibrahim Zigui après son arrestation - Zappingmedias.com