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Aya Nakamura visée par des propos racistes : ouverture du procès à Paris

Ce mercredi 4 juin, treize individus liés au groupe identitaire Les Natifs comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris pour des propos racistes tenus à l’encontre de la chanteuse franco-malienne Aya Nakamura. Les faits remontent à mars 2024, après l’annonce de sa participation envisagée à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris.

Une vague d’insultes racistes sur fond de Jeux olympiques

L’affaire remonte à la publication d’un message à caractère raciste diffusé par Les Natifs sur les réseaux sociaux. Une photo montrait une banderole affichée sur l’île Saint-Louis à Paris, où l’on pouvait lire : « Y a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako », en référence aux origines maliennes de l’artiste. Ce message, relayé notamment par le média d’extrême droite Frontières (anciennement Livre noir), a suscité une large indignation.

Le groupe dénonçait ce qu’il considère comme une « africanisation » de la culture française, notamment à travers la musique populaire. Selon leurs publications, la participation d’Aya Nakamura aux JO symboliserait un soi-disant « effacement du peuple de souche au profit de l’immigration extra-européenne ».

Des personnalités identifiées parmi les prévenus

Parmi les treize mis en cause, âgés de 20 à 31 ans, figurent des membres actifs du mouvement identitaire, mais aussi des personnalités publiques. L’un des prévenus, Édouard M., est présenté comme le chef des Natifs. Une autre, Capucine C., chargée de communication de 22 ans, mentionne sur LinkedIn avoir été collaboratrice parlementaire auprès de députés du Rassemblement national.

Autre figure notable, Marine de C., sœur du fondateur du groupuscule ultranationaliste Zouaves de Paris, dissous en 2022, est également convoquée devant la justice.

Des poursuites pour incitation à la haine raciale

Les prévenus sont poursuivis pour « provocation publique à la haine ou à la violence » en raison de l’origine ou de la religion, ou pour complicité. L’enquête, confiée à l’Office central de lutte contre les crimes de haine (OCLCH), avait été ouverte après des signalements de la LICRA et de SOS Racisme. Aya Nakamura elle-même avait porté plainte le 20 mars 2024.

L’artiste, récompensée aux Victoires de la musique 2024, ne sera pas présente à l’audience prévue à partir de 13 h 30 devant la 17e chambre correctionnelle de Paris.

Un groupe identitaire dans le viseur des autorités

Les Natifs, issu de l’ex-groupuscule Génération identitaire (dissous en 2021), multiplient les actions de provocation. Fin 2023, ils avaient organisé un rassemblement à Paris en hommage à Thomas, un adolescent tué à Crépol (Drôme), dans une mise en scène à forte teneur politique.

Ils se sont également illustrés en mars dernier en recouvrant des portraits de femmes voilées à la basilique de Saint-Denis. Deux membres, dont Stanislas T., également impliqué dans l’affaire Nakamura, doivent comparaître jeudi devant le tribunal de Bobigny pour cette action.

Aya Nakamura, figure majeure de la scène musicale francophone

De son vrai nom Aya Danioko, l’artiste de 30 ans, originaire d’Aulnay-sous-Bois, est aujourd’hui l’une des chanteuses francophones les plus écoutées dans le monde. Sa performance lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques, aux côtés de la Garde républicaine sur le pont des Arts, a été l’un des moments les plus médiatisés de l’événement.

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