Politique

Blé Goudé écarté des listes électorales : la CEI rejette son recours

Charles Blé Goudé ne figurera pas sur la liste électorale de 2025. La Commission électorale indépendante (CEI) a officiellement rejeté sa demande de réintégration, dans une décision rendue publique le 15 avril dernier. L’ancien leader des jeunes patriotes avait pourtant introduit un recours le 4 avril dans l’espoir d’être réhabilité avant la présidentielle.

Mais la CEI a jugé sa requête irrecevable, confirmant ainsi sa radiation des listes.

Une condamnation judiciaire toujours en vigueur

La radiation de Charles Blé Goudé trouve son origine dans une condamnation prononcée par la justice ivoirienne en décembre 2019. Il avait écopé de 20 ans de prison et d’une privation de ses droits civiques, une sanction liée à son implication présumée dans la crise post-électorale de 2010-2011. Les chefs d’accusation portaient notamment sur des faits de torture, de meurtres et de viols.

Ses avocats, qui n’ont pas souhaité commenter cette décision dans l’immédiat, avaient à l’époque dénoncé une procédure jugée inéquitable, notamment parce que leur client se trouvait alors en détention à la Haye, où il comparaissait devant la Cour pénale internationale (CPI).

« Une décision bâtie sur des irrégularités »

Intervenant récemment sur TV5 Monde, Charles Blé Goudé a de nouveau contesté la légitimité de cette condamnation. Il affirme avoir été jugé en son absence et accuse la justice ivoirienne de s’être appuyée sur des éléments fabriqués de toutes pièces.

« Un huissier se rend à mon domicile à Yopougon, demande aux voisins s’ils savent où je suis, et ils lui répondent ne pas savoir. Pourtant, tout le monde savait que j’étais à La Haye. On m’a donc jugé et condamné sur la base d’un mensonge évident », a-t-il dénoncé.

Des absences qui alimentent les tensions politiques

Outre Charles Blé Goudé, d’autres personnalités politiques de l’opposition ont également été écartées du fichier électoral pour des motifs judiciaires. Une situation qui ravive les tensions à l’approche de la présidentielle d’octobre 2025. L’exclusion de ces figures, considérées comme influentes, est perçue par plusieurs partis d’opposition comme un verrouillage du processus électoral.

La réintégration de ces leaders est désormais au cœur des négociations politiques en cours. Pour leurs partisans, il en va de la crédibilité du scrutin à venir.

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