La tension entre le pouvoir exécutif américain et la presse a franchi un cap historique cette semaine. En réaction à l’exclusion arbitraire de trois grands médias d’information de la Maison-Blanche, l’ensemble des grands réseaux de télévision américains ont décidé de suspendre la couverture vidéo commune du président Donald Trump.

À l’origine : trois médias bannis et des badges confisqués
Tout a basculé au milieu du mois de septembre lorsque l’administration américaine a brusquement révoqué les accréditations presse des journalistes de CNN, MS NOW (anciennement MSNBC) et Politico. Accusant ces médias de diffuser de « fausses informations » et de constituer une menace pour la sécurité nationale, la Maison-Blanche leur a interdit l’accès au domaine présidentiel.

En réponse, les trois organes de presse ont déposé une plainte devant un tribunal fédéral pour violation du Premier Amendement de la Constitution américaine, qui garantit la liberté de la presse.
Une riposte unanime du « press pool »
La réaction des médias ne s’est pas faite attendre, marquant une solidarité inédite dans l’histoire moderne du press pool américain.
Les cinq grands réseaux télévisés assurant à tour de rôle la captation vidéo pour l’ensemble des chaînes (ABC, CBS, NBC, CNN et même Fox News) ont publié une déclaration conjointe et ont suspendu la diffusion des images du pool :
« Le public a un intérêt vital à recevoir une information exacte et indépendante sur son gouvernement. Aucune administration ne devrait restreindre l’accès d’un média au motif qu’elle conteste sa couverture. »
De grands journaux et agences de presse, dont le Washington Post, le New York Times et l’agence Associated Press, se sont également joints à cette démarche en différant ou retenant la diffusion des photos officielles du président.
Des interventions muettes et la contre-attaque de « Trump TV »
Les effets de ce boycott ont été immédiats. Lors de plusieurs apparitions publiques à la Maison-Blanche, l’absence des microphones et des caméras du pool a rendu les déclarations du président quasiment inaudibles à l’antenne sur les flux partagés.

Pour contourner ce blocus médiatique, l’administration présidentielle a réagi en lançant son propre canal de diffusion en continu sur internet, baptisé « Trump TV ». Via ses plateformes officielles, la Maison-Blanche cherche désormais à s’adresser directement au public sans passer par les médias traditionnels.
Alors que les audiences judiciaires sur la requête de CNN, MS NOW et Politico sont en cours, ce bras de fer illustre la fracture profonde et sans précédent entre l’administration Trump et la presse américaine.































