Le ton monte entre les autorités burkinabè et Canal+. Le groupe audiovisuel français vient d’écoper d’une amende de 50 millions de FCFA pour ne pas avoir respecté une obligation pourtant inscrite dans une convention signée avec le régulateur des médias du pays.
Selon le Conseil supérieur de la communication (CSC), Canal+ devait garantir l’accès aux chaînes publiques burkinabè à tous les abonnés présents sur le territoire, même lorsque leur abonnement arrivait à expiration. Une mesure adoptée en février 2024 afin de préserver l’accès des populations à l’information nationale.
Mais malgré plusieurs rappels à l’ordre, un délai supplémentaire accordé pour effectuer des ajustements techniques et une mise en demeure adressée en avril 2025, les autorités affirment avoir constaté que de nombreux abonnés continuaient d’être privés des chaînes nationales lorsque leur abonnement expirait.
Face à ce qu’il considère comme un manquement aux engagements contractuels de l’opérateur, le CSC a décidé de frapper fort en infligeant une sanction financière de 50 millions FCFA à Canal+ International.
Et l’affaire pourrait ne pas s’arrêter là. Le régulateur a accordé un ultime délai de 30 jours au groupe français pour se conformer à ses obligations. À défaut, des sanctions plus sévères pourraient être prises.
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu entre le Burkina Faso et plusieurs médias internationaux. Depuis fin 2022, plusieurs médias occidentaux ont été suspendus ou interdits de diffusion dans le pays. Plus récemment encore, TV5 Monde a été retirée des bouquets audiovisuels burkinabè, les autorités l’accusant de désinformation dans sa couverture de la situation sécuritaire au Sahel.
Cette nouvelle sanction contre Canal+ marque-t-elle un tournant dans les relations entre le Burkina Faso et les grands groupes médiatiques étrangers ? Le bras de fer semble en tout cas loin d’être terminé.































