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Politique

Cameroun : Accusations de coup d’État, la contre-attaque de Sani Mouhamadou et le démenti de la DGRE

Au Cameroun, la controverse politique autour d’un présumé projet de coup d’État prend une nouvelle tournure. Accusé par un officier en exil d’implication dans une tentative de déstabilisation, l’homme d’affaires Sani Mouhamadou réplique sur le terrain judiciaire, tandis que les avocats de l’ex-patron des renseignements, Léopold Maxime Eko Eko, démentent catégoriquement ses déclarations.

Origine des révélations : les accusations du capitaine Effoudou

L’affaire a éclaté à la suite des déclarations du capitaine Donald Effoudou Awussi, ancien chef du bureau des renseignements à la présidence camerounaise aujourd’hui en exil. Dans une interview accordée fin juillet, l’officier a accusé le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, d’être le cerveau d’une tentative de coup d’État contre Paul Biya.

Dans son récit, le capitaine affirmait qu’en 2023, un individu détenteur d’armes de guerre sophistiquées avait été interpellé près de la résidence présidentielle avant d’être libéré sous la pression de l’entourage de Ngoh Ngoh. Cet individu a été identifié comme étant Sani Mouhamadou, présenté comme un ancien légionnaire.

La défense de Sani Mouhamadou : plaintes pour diffamation et précision sur les armes

Sani Mouhamadou a fermement rejeté ces accusations, les qualifiant de campagne de diffamation. Par le biais de son conseil, il a annoncé le dépôt de plaintes devant la justice française pour diffamation publique et cyberharcèlement visant le capitaine Effoudou, le journaliste Morgan Palmer ainsi que l’activiste JP Remy Ngono.

Pour sa défense, il apporte plusieurs clarifications :

Il dément toute possession illégale d’armes de guerre. Il explique détenir un pistolet Glock 19 et un fusil civil LUVO AR-15 (calibre .223 Remington), importés et dédouanés légalement selon la réglementation camerounaise.

Il met en avant ses interventions passées auprès des institutions camerounaises depuis 2013, notamment au sein du Conseil national de sécurité, lors de l’enquête sur la catastrophe ferroviaire d’Éséka en 2016, ou encore en collaboration avec le Bataillon d’intervention rapide (BIR) et la DGRE.

La réplique de la DGRE : aucun partenariat officiel

Le 9 août, le collectif d’avocats de Léopold Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la Recherche extérieure (DGRE), a publié un démenti officiel depuis Yaoundé.

Les conseils de l’ancien patron des services secrets réfutent toute sollicitation de Sani Mouhamadou en 2020 :

Selon eux, c’est l’homme d’affaires qui aurait sollicité une audience en se prévalant de recommandations de la présidence pour proposer des matériels de surveillance et de cyberdéfense. Les services techniques de la DGRE auraient rejeté ses propositions, qualifiées d’équipements commerciaux obsolètes. La défense précise qu’aucun contrat, appel d’offres ou bon de commande n’a jamais lié Sani Mouhamadou à la DGRE, et se réserve le droit d’engager des poursuites judiciaires.

Un climat de tension au sommet de l’État

Cette bataille par communiqués interposés survient dans un contexte politique tendu, marqué par des spéculations sur la succession au sommet du pouvoir à Yaoundé. Alors qu’aucune enquête judiciaire indépendante n’a encore tranché sur le fond du dossier, l’affaire s’est désormais déportée sur le terrain judiciaire international.

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