Les propos sont forts, assumés et sans détour. Yaya Touré, ancienne gloire du football africain, est sorti de sa réserve après le match polémique impliquant le Sénégal lors de la CAN, dénonçant ce qu’il considère comme une injustice manifeste, vécue « devant le monde entier ».
« Je suis fair-play, mais je n’accepterai jamais qu’on me vole devant le monde entier », martèle l’ex-international ivoirien. Pour lui, le débat ne peut pas se réfugier derrière un fair-play de façade lorsque l’équité sportive est remise en cause. Selon Yaya Touré, la réaction du camp sénégalais staff, joueurs et supporters a été exemplaire et décisive dans un contexte tendu.
Il va plus loin : sans cette réactivité et ce mental, le Sénégal aurait pu dire adieu à la compétition. « Si le Sénégal n’avait pas réagi de la manière dont il l’a fait hier, c’était fini pour eux dans cette CAN », affirme-t-il, soulignant la solidité du groupe bien au-delà du simple aspect sportif.
L’ancien milieu de terrain s’attaque également à certaines pratiques observées durant la rencontre. Il évoque notamment des tentatives de déstabilisation du gardien sénégalais, accusant des ramasseurs de balles marocains et des joueurs présents sur le banc d’avoir volontairement retiré sa serviette en pleine pluie légère, alors que le portier en avait besoin pour s’essuyer le visage.
Un comportement qu’il qualifie d’anti-sportif, rappelant que des faits similaires auraient déjà visé le gardien nigérian lors d’un autre match.
« Ça aussi, c’est du fair-play ? », interroge-t-il, laissant entendre que tous les moyens auraient été envisagés pour remporter cette Coupe d’Afrique des Nations.
Sur l’arbitrage, Yaya Touré est catégorique. Le but sénégalais refusé aurait été, selon lui, parfaitement valable. Et il n’hésite pas à pointer ce qu’il perçoit comme un traitement à deux vitesses :
« Si c’était le Maroc qui avait marqué ce même but, sur la même action, les arbitres ne l’auraient jamais refusé. C’est factuel. »
Face aux éventuelles sanctions disciplinaires, l’ancien Ballon d’Or africain reste provocateur :
« Que la CAF et la FIFA sanctionnent tous les dirigeants et le football sénégalais à vie s’ils le veulent : leur deuxième étoile est dans la poche, et elle est amplement méritée. »
Pour Yaya Touré, la ligne est claire : il refuse toute injustice, même lorsqu’elle se cache derrière les discours policés du fair-play. Un message fort, qui relance une fois de plus le débat sur l’arbitrage, l’équité et les coulisses parfois troubles du football africain.
