Dans un entretien exclusif sans langue de bois accordé à Bideew Sports, l’ex-capitaine des Aigles du Mali, Cédric Kanté, s’est confié sur sa carrière.
L’ombre des Éléphants : une plaie jamais refermée
Pour Cédric Kanté, le constat est sans appel : si le Mali de la grande époque n’a pas soulevé de trophée, c’est en grande partie à cause du voisin ivoirien. « Malheureusement, les deux échecs qui nous stoppent, c’est deux fois la Côte d’Ivoire », lâche-t-il avec une franchise rare.
Le consultant de Canal+ est revenu avec émotion sur la demi-finale de la CAN 2012. Un souvenir hanté par les forfaits de dernière minute (Abdou Traoré et Modibo Maïga, touchés par le paludisme) et par une erreur personnelle qu’il assume pleinement sur le but de Gervinho. « On perd 1-0 et j’ai une grosse part de responsabilité. C’est un regret éternel, car derrière, la Zambie gagne en finale. On était plus près du sacre qu’on ne le pense. »
« J’adore ce pays, mais leur équipe m’embête ! »
Avec une pointe d’humour noir, l’ancien défenseur de Strasbourg et du Panathinaïkos a résumé cette relation complexe : « J’adore ce pays, mais l’équipe nationale m’embête un peu. » Pour lui, la Côte d’Ivoire représentait le mur infranchissable, portée par des monstres sacrés comme Didier Drogba ou Yaya Touré.
Même en 2008, alors que le Mali n’avait besoin que d’un point, c’est encore la Côte d’Ivoire qui avait douché les espoirs maliens lors d’un match de poule mémorable. « On a pris un bouillon », se souvient-il, pointant du doigt les errements tactiques de l’époque.
2026 : Vers une domination mondiale des Éléphants ?
Malgré cette rivalité, Kanté ne cache pas son admiration pour le réservoir actuel de la sélection ivoirienne. En vue de la prochaine Coupe du Monde, il place la Côte d’Ivoire sur le toit du continent aux côtés du Maroc et du Sénégal.
« Le 11 ivoirien actuel ressemble à une grosse équipe mondiale. Ils n’ont rien à envier aux nations européennes ou sud-américaines », affirme-t-il. Concernant les récents renforts binationaux, comme Élie Wahi, Kanté prône l’indulgence : pour lui, le choix de la Côte d’Ivoire par ces talents formés en France est une preuve que la sélection ivoirienne est devenue un projet sportif d’élite, capable de rivaliser avec les plus grands.































