À Bonoua, une femme au foyer de 53 ans, Dougoné Lou Zouzou, vient d’inscrire son nom dans l’histoire en obtenant son Certificat d’Études Primaires Élémentaires (CEPE). Une réussite qui devient un véritable symbole d’espoir et de détermination.
Un rêve d’enfance réalisé 40 ans plus tard
« Quand j’étais petite, j’aimais l’école. Mais fautes de moyens mes parents ont préféré envoyer mon grand frère. Moi, j’ai dû rester à la maison », raconte-t-elle avec émotion.
Pendant des décennies, elle a mis de côté ses ambitions, rattrapée par les responsabilités familiales. Mais la flamme ne s’est jamais éteinte. En 2023, avec l’appui d’une association locale de soutien scolaire pour adultes, elle décide de s’inscrire dans un centre d’alphabétisation à Bonoua.
134 points et une place parmi les 3 694 admis
Le 4 juin 2025, elle se présente aux épreuves du CEPE dans une salle remplie de candidats bien plus jeunes. « J’étais un peu intimidée au début, mais j’ai vite repris confiance. J’avais bien révisé », confie-t-elle. Son travail a porté ses fruits : 134 points au total, un score qui la place parmi les 3 694 admis de la circonscription.
Sa réussite n’a pas tardé à faire le tour des établissements et des réseaux sociaux, suscitant admiration et fierté.
Cette histoire, loin d’être banale, est un appel vibrant à la jeunesse ivoirienne. Dans un contexte où l’abandon scolaire et le découragement guettent de nombreux jeunes, le parcours de Madame Dougoné rappelle que l’éducation est un combat de chaque instant, mais jamais hors de portée.
« Je veux dire à tous les jeunes : n’abandonnez pas. L’école, c’est la clé. Même si vous tombez, relevez-vous », lance-t-elle.
Et maintenant ? Cap sur le BEPC !
Motivée par cette réussite, Dougoné Lou Zouzou ne compte pas s’arrêter là. « Maintenant que j’ai le CEPE, je vais m’inscrire pour préparer le BEPC. Mon rêve, c’est de devenir éducatrice, pour aider les autres femmes à croire en elles. »
Son histoire pourrait bien inspirer une nouvelle vague d’adultes désireux de reprendre le chemin de l’école. Une chose est sûre : à Bonoua, une étoile s’est levée, et elle éclaire désormais la voie du possible pour des milliers d’Ivoiriens.
