Odo Marie ne se contente plus de jouer les premiers rôles, elle veut braquer le box-office. Avec son premier long-métrage, « Y’a braquage au village », l’actrice devenue réalisatrice via sa structure O.Movies prend un risque qui fait déjà jaser dans le milieu feutré du 7ème art ivoirien. Présenté en grande pompe au Pathé Marcory le 2 mars, le film s’annonce comme un ovni culturel qui refuse de s’excuser d’être « trop vrai ».
Le pari fou du « Zéro Sous-titre »
C’est le point qui risque de faire polémique dans les salles obscures : Odo Marie a fait le choix radical de laisser certaines séquences en langue Baoulé sans aucun sous-titrage.
Un suicide commercial ou un coup de génie identitaire ? Pour la réalisatrice, c’est une déclaration de guerre à la standardisation : elle veut que le public « ressente » l’émotion brute des terres de Bouaké plutôt que de la lire. Dans un marché qui lorgne souvent vers l’international, ce retour aux racines sans filet de sécurité est un véritable bras de fer artistique.
Casting : Le mélange des genres qui dérange ?
Le film réussit le grand écart entre les « monstres sacrés » et la génération TikTok. Alignée aux côtés de la légende Adrienne Koutouan et de Lacina Coulibaly, on retrouve une flopée de nouveaux visages issus des réseaux sociaux. Le public traditionnel acceptera-t-il cette cohabitation ? Prouver que l’influence digitale peut se transformer en talent cinématographique sous la direction d’Odo Marie.
Un appel au secours ou un cri de guerre ?
Derrière les rires de cette comédie populaire se cache une réalité plus sombre : le besoin vital de soutien financier. Odo Marie ne s’en cache pas, le cinéma ivoirien survit grâce à l’effort de guerre de son public. En lançant son film le 27 mars (après une avant-première le 26), elle met les spectateurs au défi : allez-vous consommer « ivoirien » ou continuer de remplir les poches des blockbusters étrangers ?
Où voir le « Braquage » ?
La traque commence dès la fin mars dans les bastions du cinéma national : Majestic Ivoire FICGAYO & SOCOCÉ (Le cœur du public) . Odo Marie signe ici bien plus qu’une fiction. Elle impose une vision du cinéma fier, brut et sans concessions. Reste à savoir si les spectateurs accepteront de se faire « braquer » par autant d’authenticité.
CREDIT PHOTO : STUDIO O’Z
