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Clive Ketu Bachelor menace de boycotter le concert d’Himra au Cameroun

La tension monte d’un cran dans l’industrie culturelle camerounaise. Clive Ketu Bachelor vient de taper du poing sur la table en s’opposant fermement au concert de l’artiste ivoirien Himra, prévu au Cameroun. Dans un message direct adressé à l’organisateur Joel Mpele, la figure publique prône un protectionnisme culturel radical, menaçant de boycott quiconque braverait cette nouvelle ligne de conduite.

Le débat sur la préférence nationale et la consommation locale vient de franchir un nouveau palier au Cameroun. Alors que le rappeur ivoirien Himra est attendu pour un spectacle, Clive Ketu Bachelor a décidé de s’ériger en rempart pour les artistes locaux. Sans détour, il exige l’annulation des grands concerts publics d’artistes étrangers tant que les têtes d’affiche nationales ne reçoivent pas le même soutien de la part des mécènes.

« Dites à Joel Mpele que j’ai dit qu’il n’y aura pas de concert public d’un artiste étranger au Cameroun. Qu’il demande à ses mécènes d’organiser des concerts pour les tops 5 artistes locaux d’abord. Voilà comment ça va marcher maintenant », a-t-il martelé.

Le modèle nigérian et ivoirien en exemples

Pour appuyer sa vision d’un « renfermement stratégique », Clive Ketu Bachelor s’appuie sur l’histoire de l’industrie musicale africaine, notamment celle du Nigeria. Selon lui, le succès planétaire actuel de l’Afrobeats n’est pas le fruit du hasard, mais d’un boycott institutionnalisé des musiques extérieures durant plusieurs décennies.

L’activiste affirme qu’entre 1980 et 2000, sous l’impulsion de figures comme Fela Kuti, le pays a fermé ses portes aux influences étrangères, forçant le public à consommer local avant d’exploser sur la scène mondiale dès 2005 avec la génération de 2Face Idibia et Don Jazzy.

Il rappelle également que la patrie du Coupé-Décalé a appliqué une politique similaire par le passé : « La CIV (Côte d’Ivoire) l’a fait pendant un certain temps. Tu ne pouvais pas entendre les sons étrangers là-bas en désordre. Tu ne pouvais pas débarquer là-bas pour faire les featurings n’importe comment. »

Poussant l’analogie jusqu’à l’économie mondiale, il cite le modèle de développement chinois : se focaliser sur ses propres forces, corriger ses failles en interne, pour ensuite conquérir le reste du monde.

Un ultimatum clair : le boycott ou le compromis

Clive Ketu Bachelor insiste sur le fait que sa démarche n’est pas une attaque personnelle contre les artistes étrangers, mais une nécessité de calendrier économique et culturel pour le Cameroun. « On n’a pas de problème avec les artistes étrangers. Mais qu’ils attendent un peu, on travaille d’abord », explique-t-il.

Le message est désormais clair pour les promoteurs culturels et les sponsors : la tolérance envers les grands événements importés est arrivée à son terme. En cas d’obstination de la part de Joel Mpele ou de tout autre organisateur, le mot d’ordre est déjà lancé : le boycott systématique.

Reste à savoir comment réagiront l’industrie du spectacle, le public camerounais très friand des rythmes urbains ivoiriens et l’équipe d’Himra face à cette montée de boucliers protectionnistes.

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