L’opposition colombienne est en deuil. Miguel Uribe, sénateur influent du camp conservateur et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2026, a été froidement abattu lors d’un rassemblement politique ce samedi 7 juin à Bogota. Le drame s’est produit en plein discours, sous les yeux horrifiés de ses partisans.
Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre Miguel Uribe, 39 ans, en train de s’adresser à une foule réunie dans l’ouest de la capitale. Soudain, des coups de feu retentissent. Le sénateur s’effondre. Selon les premières informations officielles, il a reçu deux balles dans la tête et une dans le genou. Le tireur, rapidement maîtrisé par les forces de l’ordre, a été arrêté sur place.
Un choc politique d’ampleur nationale
Le gouvernement colombien a confirmé l’assassinat quelques heures plus tard. Le président Gustavo Petro a dénoncé un « acte ignoble » et promis que « la démocratie ne pliera pas face à la violence ».
Miguel Uribe était considéré comme l’un des visages montants de la droite colombienne, souvent critique envers la politique sécuritaire de l’administration Petro et très actif sur les questions économiques et de lutte contre le narcotrafic. Sa candidature à la présidentielle était perçue comme une sérieuse menace pour le pouvoir en place.
Un climat électoral de plus en plus tendu
Cet assassinat remet sur la table la question récurrente de la violence politique en Colombie. À l’approche de chaque élection, les tensions montent et les actes de violence ciblée se multiplient, en particulier contre les figures de l’opposition. Depuis le début de l’année, plusieurs maires, députés régionaux et journalistes ont signalé des menaces ou ont été victimes d’attaques.
Un retour des vieux démons ?
L’histoire politique de la Colombie est marquée par une longue série d’assassinats politiques de Jorge Eliécer Gaitán en 1948 à d’anciens candidats comme Luis Carlos Galán en 1989. La mort de Miguel Uribe ravive ces fantômes et questionne une fois encore la capacité du pays à organiser des scrutins libres, sûrs et démocratiques.
Alors que le pays est en état de choc, plusieurs voix de la société civile, de l’opposition comme de la majorité, appellent à une trêve politique et à un renforcement des dispositifs de sécurité pour tous les candidats engagés dans la course à la présidence.
