C’est un véritable cri de détresse qui s’élève de la communauté ivoirienne installée au Maroc. Depuis la fin de la CAN, les commerçants ivoiriens disent vivre un enfer quotidien : marchandises saisies, pertes financières colossales et silence radio des autorités. Enquête sur une crise qui paralyse des milliers de familles.
La situation est jugée « alarmante » par les acteurs du secteur import-export à Casablanca et dans plusieurs villes marocaines. Ce qui était autrefois un commerce florissant de produits vivriers ivoiriens est aujourd’hui devenu un parcours du combattant semé d’embûches douanières.
« On nous arrache notre nourriture »
Le témoignage des commerçants sur place est poignant. Selon plusieurs sources, la douane marocaine refuserait désormais systématiquement l’entrée de produits alimentaires en provenance de la Côte d’Ivoire. ce
« Ils disent que la nourriture ivoirienne ne doit plus rentrer sur le territoire marocain », déplore un jeune commerçant dévasté. Plus grave encore, certains affirment que les marchandises confisquées seraient ensuite revendues sur place, aggravant le sentiment d’injustice et de spoliation.
Des pertes sèches par millions
Les conséquences économiques sont désastreuses. Pour ces jeunes qui se battent pour nourrir leurs familles restées au pays, les chiffres donnent le tournis :
Un commerçant déclare avoir perdu près d’un demi-million de FCFA en une seule journée. En l’espace de deux mois, certains font état de pertes dépassant les 4 millions de FCFA, voyant leur capital s’évaporer totalement. Les activités de transport et de colisage liées aux vols réguliers sont totalement paralysées, plongeant des milliers de travailleurs dans la précarité.
L’ambassade aux abonnés absents ?
Face à cette détresse, le président de la communauté ivoirienne au Maroc, Monsieur Jacques Lois, a tiré la sonnette d’alarme. Malgré les réclamations déposées, les commerçants dénoncent une absence de réaction de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire au Maroc.
« On n’est même pas écouté ici, on n’est même pas considéré », s’indigne un travailleur du secteur. Aujourd’hui, la consigne donnée par les représentants de la communauté est radicale : arrêter de faire venir des bagages pour limiter la casse, au risque de voir des familles entières sombrer dans l’impossibilité de payer leur loyer ou de soutenir leurs proches.
