Une nouvelle alerte met en lumière la présence sur le marché ivoirien de milliers de produits cosmétiques considérés comme non autorisés ou présentant un risque pour les consommateurs. Face à cette situation, une organisation de la société civile vient de saisir le Premier ministre et réclame des mesures urgentes.
Le chiffre interpelle : 2 639 produits cosmétiques seraient concernés par un risque sanitaire sur le marché ivoirien.
L’information n’est pas nouvelle. Elle avait déjà été évoquée ces dernières semaines à la suite de communications de l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP). Mais l’affaire revient au premier plan après une nouvelle démarche de la société civile auprès du gouvernement.
Le Centre d’Éducation Médicale et Citoyenne de Côte d’Ivoire (CEMC-CI) a adressé, ce 17 août 2026, une correspondance au Premier ministre Robert Beugré Mambé pour demander une réaction des autorités face à la présence de ces produits sur le marché.
2 639 produits dans le viseur
Derrière ce nombre se trouve une réalité préoccupante : certains produits cosmétiques commercialisés en Côte d’Ivoire ne seraient pas autorisés ou présenteraient un niveau de risque nécessitant une attention particulière.
Les produits destinés à éclaircir ou dépigmenter la peau figurent notamment parmi les produits concernés. Cette catégorie fait depuis longtemps l’objet d’alertes sanitaires en raison de la présence possible de substances dangereuses lorsqu’elles sont utilisées sans contrôle ou à des concentrations inadaptées.
Mais une précision s’impose : le chiffre de 2 639 ne signifie pas que 2 639 produits ont tous été déclarés toxiques. Les communications disponibles parlent de produits non autorisés ou présentant un risque élevé. Il est donc important de ne pas transformer cette donnée en affirmation selon laquelle tous ces produits seraient nécessairement dangereux dans les mêmes proportions.
Pourquoi ces produits se retrouvent-ils encore sur le marché ?
C’est probablement la principale question que soulève cette affaire.
Si des produits ont été identifiés comme non conformes ou à risque, comment continuent-ils à être accessibles aux consommateurs ?
Dans les marchés, boutiques spécialisées, salons de coiffure, commerces de proximité et désormais sur les réseaux sociaux, les produits cosmétiques circulent à grande échelle.
Le développement du commerce en ligne complique encore davantage le contrôle. Un produit peut être proposé à la vente sur une page Facebook, WhatsApp, TikTok ou via un vendeur informel sans passer par les circuits traditionnels.
Pour les autorités, le défi consiste donc non seulement à identifier les produits concernés, mais également à retracer leur circuit d’importation, de distribution et de commercialisation.
La société civile veut la liste
Depuis plusieurs semaines, des organisations demandent que la liste des 2 639 produits concernés soit rendue publique afin que les consommateurs puissent identifier les produits visés.
En juillet, le Collectif des ONG de lutte contre la dépigmentation et les produits non conformes avait déjà mis la pression sur l’AIRP pour obtenir la publication de cette liste.
Pour ces organisations, la publication permettrait notamment aux consommateurs, distributeurs et professionnels de savoir précisément quels produits doivent être retirés ou évités.
Un enjeu de santé publique
Le sujet dépasse largement la question de la beauté.
Les produits cosmétiques sont utilisés quotidiennement par des millions de personnes. Ils sont appliqués sur la peau, les cheveux, le visage et parfois sur des zones particulièrement sensibles.
Lorsqu’un produit contient une substance interdite, une concentration excessive ou n’a tout simplement pas fait l’objet des contrôles réglementaires nécessaires, le consommateur peut difficilement évaluer lui-même le risque.
C’est précisément le rôle de la régulation : vérifier, autoriser, surveiller et, lorsque cela est nécessaire, retirer du marché les produits présentant un danger.
Le gouvernement désormais interpellé
Avec la saisine du Premier ministre, le débat prend désormais une dimension gouvernementale.
La question posée aux autorités est simple : quelles mesures seront prises pour empêcher la commercialisation de ces produits et protéger les consommateurs ?
Mais une autre question mérite également d’être posée : combien de produits non conformes circulent réellement sur le marché ivoirien et combien sont effectivement contrôlés ?
Car identifier 2 639 produits constitue une première étape. Encore faut-il pouvoir les retrouver dans les commerces, contrôler les stocks, remonter jusqu’aux importateurs et distributeurs et empêcher leur remise en circulation.
Les consommateurs doivent-ils s’inquiéter ?
Il ne faut ni banaliser l’alerte ni provoquer une panique générale.
Tous les cosmétiques vendus en Côte d’Ivoire ne sont évidemment pas concernés. L’alerte porte sur une catégorie précise de produits identifiés comme non autorisés ou à risque.
En revanche, cette situation rappelle une règle essentielle : avant d’acheter un produit cosmétique, il faut vérifier son origine, son étiquetage et, lorsque cela est possible, son statut réglementaire.
Pour les produits éclaircissants en particulier, la prudence est de mise face aux promesses spectaculaires de transformation rapide de la peau.
2 639 produits : et maintenant ?
L’annonce a le mérite de poser une question que les consommateurs ne peuvent plus ignorer.
Si 2 639 produits sont effectivement identifiés comme non autorisés ou à risque, combien sont encore présents dans nos marchés, nos boutiques et nos salons ?
La balle est désormais dans le camp des autorités.
La société civile demande des réponses. Les consommateurs veulent savoir quels produits sont concernés. Et les professionnels du secteur attendent également un cadre clair.
Une chose est certaine : dans le domaine des cosmétiques, la recherche de la beauté ne devrait jamais se faire au détriment de la santé.































