Le Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI), fondé par l’ancien président Laurent Gbagbo, a annoncé la libération de 18 de ses militants dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 septembre 2025. Ces derniers avaient été interpellés par les forces de sécurité au cours des dernières semaines, dans un contexte marqué par une vague d’arrestations dénoncée par le parti d’opposition.
Des interpellations jugées arbitraires par le PPA-CI
Selon Patrice Kouté, secrétaire général adjoint du PPA-CI en charge des détenus politiques, 34 militants avaient été arrêtés depuis le mois d’août, parmi lesquels des responsables fédéraux d’Issia, de Divo ou encore de Bonoua.
« Certains militants de Zikisso ont été enlevés de nuit, à leur domicile, par des hommes encagoulés. Ce sont des enlèvements », a-t-il dénoncé, regrettant le manque de communication officielle entourant ces interpellations.
Le parti affirme que les personnes arrêtées étaient accusées de « trouble à l’ordre public » et qu’elles auraient été interrogées plusieurs jours sans la présence d’un avocat, ce qu’il considère comme une violation de leurs droits fondamentaux.
La réponse du parquet
Face à ces accusations, le procureur de la République d’Abidjan, Oumar Braman Koné, a publié un communiqué pour apporter des précisions.
« La Côte d’Ivoire ne connaît ni enlèvements, ni séquestrations, ni disparitions forcées », a-t-il affirmé, assurant que « toutes les personnes interpellées font l’objet de procédures d’enquête régulières et de jugement, et sont, si nécessaire, détenues conformément à la loi ».
Concernant l’usage de cagoules par certains agents lors des arrestations, il a expliqué qu’il s’agit « d’un mode opératoire propre à certaines unités » et non d’un signe d’irrégularité.
Un climat politique sous tension
Cette affaire intervient alors que le PPA-CI accuse régulièrement le pouvoir d’entraver ses activités militantes à travers des arrestations et des intimidations. De son côté, le gouvernement affirme que les forces de l’ordre agissent dans le strict respect des lois et des procédures judiciaires.
Si la libération de ces 18 militants constitue un apaisement relatif, le parti de Laurent Gbagbo réclame toujours la libération des autres détenus et appelle les autorités à garantir les libertés publiques, à quelques mois d’échéances électorales sensibles.
