Pourquoi certains habitants de Daloa choisissent-ils de creuser leur propre forage alors que la ville dispose d’un réseau public d’alimentation en eau potable ? La question mérite d’être posée, alors que l’accès régulier à l’eau demeure une préoccupation dans plusieurs quartiers de la cité des Antilopes.
À Daloa, le problème ne semble pas uniquement se résumer à la présence ou non d’eau potable. Il concerne également la régularité de l’approvisionnement, la capacité du réseau à accompagner l’expansion rapide de la ville et la desserte des quartiers périphériques.
Une ville en pleine croissance face à une demande croissante
L’alimentation en eau potable de Daloa repose historiquement sur la ressource de la Lobo, située à une vingtaine de kilomètres de la ville. Des infrastructures de captage et de traitement permettent ensuite d’acheminer l’eau vers le réseau de distribution.
Mais avec l’extension de la ville et l’augmentation de la population, les besoins sont devenus plus importants. Le réseau doit désormais répondre à une demande toujours plus forte, notamment dans les zones périphériques.
Cette situation explique en partie pourquoi certaines populations peuvent être confrontées à des difficultés d’approvisionnement et pourquoi des propriétaires font le choix de rechercher des solutions alternatives.
Pourquoi certains propriétaires optent-ils pour le forage ?
Pour certains ménages et propriétaires, disposer de leur propre forage apparaît comme une manière de sécuriser leur approvisionnement en eau, notamment lorsque l’accès au réseau public n’est pas suffisamment régulier.
Mais le recours au forage ne signifie pas nécessairement que l’eau distribuée par le réseau public serait impropre à la consommation.
La véritable question est plutôt celle de la continuité du service et de la disponibilité de l’eau au moment où les populations en ont besoin.
Car lorsqu’un ménage investit dans un forage, une pompe, une installation électrique et un système de stockage, il cherche avant tout à éviter de se retrouver sans eau.
La SODECI peut-elle garantir une eau potable sûre ?
Il faut distinguer deux problématiques : la qualité de l’eau et la continuité de sa distribution.
L’eau destinée à la consommation humaine fait l’objet d’un processus de traitement et doit répondre aux exigences sanitaires en vigueur. La question qui préoccupe davantage les habitants de certaines zones de Daloa semble donc être celle de la disponibilité régulière de cette eau au robinet.
Autrement dit : avoir de l’eau potable dans le réseau ne suffit pas si une partie de la population peine à y accéder de manière constante.
C’est précisément pour répondre à ces difficultés que plusieurs investissements ont été réalisés ces dernières années.
Le château d’eau d’Orly, une première réponse
Le 4 octobre 2025, un nouveau château d’eau a été inauguré dans le quartier Orly.
L’ouvrage comprend un château d’eau de 250 m³, trois forages et plus de 5 km de canalisations. Il devait permettre d’améliorer l’accès à l’eau potable pour plus de 20 000 habitants dans un premier temps, avec une extension prévue à terme pour atteindre environ 85 000 bénéficiaires.
Cette infrastructure constitue une réponse concrète aux difficultés rencontrées depuis plusieurs années dans certains secteurs de Daloa.
Mais elle ne règle pas à elle seule l’ensemble de la problématique.
Un projet plus ambitieux pour Daloa
Face à l’augmentation des besoins, un projet plus important de renforcement de l’alimentation en eau potable de Daloa et de plusieurs localités environnantes est actuellement en préparation.
En avril 2026, une étude d’impact environnemental et social a été lancée dans le cadre de ce projet destiné à renforcer durablement l’alimentation en eau potable de Daloa ainsi que de certaines localités des départements de Daloa, Zoukougbeu et Issia.
L’objectif est notamment de répondre à une demande en eau qui augmente avec la croissance des populations et l’extension des zones urbaines.
Une question demeure : quand l’eau coulera-t-elle régulièrement chez tous ?
Les investissements engagés montrent que la problématique de l’eau à Daloa est bien identifiée par les autorités. Mais sur le terrain, la préoccupation des populations reste simple : pouvoir ouvrir le robinet et disposer régulièrement d’une eau potable.
Dès lors, le développement des forages individuels pose une question importante : sont-ils simplement une solution de confort, ou traduisent-ils aussi les limites actuelles du réseau public dans certains quartiers ?
À Daloa, le véritable défi n’est donc pas seulement de produire davantage d’eau. Il est aussi de garantir sa disponibilité, sa qualité et sa distribution équitable, y compris dans les quartiers périphériques.
Car pour les populations, la question reste fondamentale : à quoi sert une infrastructure hydraulique si l’eau n’arrive pas régulièrement jusqu’au robinet ?































