Le Port d’Abidjan s’impose comme le premier port thonier d’Afrique de l’Ouest, traitant annuellement environ 400 000 tonnes de thon congelé. Ce hub logistique stratégique, leader subsaharien, génère des milliards pour l’économie ivoirienne, mais cache des défis économiques majeurs : absence de flotte nationale et coûts prohibitifs freinant son plein potentiel.
Port thonier d’Abidjan : un leader incontesté en chiffres
Le terminal pêche moderne du Port Autonome d’Abidjan (PAA), étendu sur 223 707 m² sous douane, accueille jusqu’à 60 navires simultanément sur 6 km de quais. En 2025, le trafic global a bondi à 46,6 millions de tonnes (+16%), dopé par le transbordement pour le Burkina Faso et le Mali. Le thon représente un pilier : listao, albacore et yellowfin transitent vers l’Europe via des usines locales comme SCODI ou AIRONE.
Ce statut de n°1 port thonier d’Afrique subsaharienne attire thoniers purse-seiners étrangers, mais expose les faiblesses structurelles de la filière pêche ivoirienne, qui pèse 3,1% du PIB agricole sans contrôle sur la capture.
Quels navires composent la flotte du port thonier ivoirien ?
Contrairement aux idées reçues, le port d’Abidjan ne dépend d’aucune flotte nationale structurée :
- Thoniers industriels étrangers : Sénégalais, ghanéens, espagnols, français et européens (accords UE), opérant des chalutiers à senne adaptés au thon tropical.
- Capacité : 15 navires max sur 1 110 m de quai (9-11 m tirant d’eau), déchargeant 350 000-400 000 tonnes/an de produits congelés.
- Paradoxe ivoirien : Zéro bâtiment local majeur, privant le pays de revenus directs sur la production halieutique malgré une consommation interne massive.
Défis économiques du port thonier d’Abidjan : coûts et dépendance
Malgré ses infrastructures (halles de criée, avitaillement eau/carburant), le terminal pêche a vu son trafic chuter de 10,4% en 2024 (80 031 tonnes).
Depuis 2012, 1 000 milliards FCFA d’investissements modernisent le PAA, mais experts appellent à une flotte nationale et réformes fiscales. Le Salon de la Pêche 2025 a mis en lumière ce potentiel : transformer Abidjan en hub pêche autonome pour booster exportations et emplois. Avec la croissance régionale (+108% transbordement), l’enjeu est crucial pour la Côte d’Ivoire, 1re économie ouest-africaine.
