Société

Côte d’Ivoire : Amnesty International réclame la libération des détenus de la présidentielle 2025

Dans un communiqué publié ce mardi, l’organisation de défense des droits humains Amnesty International a exhorté les autorités ivoiriennes à libérer sans délai des dizaines de personnes arrêtées lors des troubles entourant l’élection présidentielle d’octobre 2025. Parmi ces détenus figurent des cas particulièrement préoccupants, notamment des femmes enceintes à un stade avancé.

Des conditions de détention dénoncées

L’ONG pointe du doigt une répression « disproportionnée » des manifestations qui avaient été interdites par le Conseil national de sécurité à l’approche du scrutin. Selon le rapport, environ 700 personnes auraient été interpellées en octobre dernier.

Le cas alarmant des femmes enceintes

Amnesty International met en avant le sort de trois femmes détenues au pôle pénitentiaire d’Abidjan : L’une a été condamnée à trois ans de prison pour avoir vendu du jus à proximité d’un rassemblement. Une autre pour le simple port d’un tee-shirt d’un parti d’opposition.

Une troisième se trouve en détention provisoire après ce que l’ONG qualifie de « rafles arbitraires ». L’organisation souligne que ces femmes ne reçoivent pas les soins médicaux nécessaires, en violation flagrante des Règles Nelson Mandela concernant le traitement des prisonniers.

La réponse ferme du gouvernement

Le ministère ivoirien de la Justice n’a pas tardé à réagir. Par la voix de son porte-parole, le gouvernement a rejeté en bloc les accusations de « procès inéquitables ».

« Les personnes détenues ne l’ont pas été sans fondement. Elles ont été régulièrement poursuivies et condamnées pour des faits de troubles à l’ordre public », a précisé le ministère, réaffirmant que la Côte d’Ivoire demeure un État de droit où l’indépendance de la justice est garantie. Les autorités assurent également que tous les détenus, y compris les femmes enceintes, bénéficient d’un suivi médical régulier et approprié.

Rappel du contexte électoral

Le scrutin du 25 octobre 2025 a vu la réélection du président Alassane Ouattara pour un quatrième mandat avec 89,77 % des voix, dans un climat marqué par l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition. Si le jour du vote a été globalement calme dans de nombreuses localités, la période pré-électorale a été entachée de violences ayant entraîné des morts et des centaines d’arrestations.

Chiffres clés de la crise

CatégorieDonnées rapportées
Arrestations (Oct. 2025)Environ 700 personnes
Agents déployés44 000 forces de l’ordre
Score électoral (Ouattara)89,77 %
Taux de participation50,10 %

Amnesty International appelle désormais à une révision des dossiers judiciaires pour garantir que personne ne soit emprisonné pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression ou de réunion pacifique.

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