À moins de quatre mois du premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne, la tension politique monte d’un cran. Trois responsables de la jeunesse du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ont été placés en garde à vue, mardi 8 juillet, à Abidjan. Une nouvelle vague d’interpellations qui porte à cinq le nombre de jeunes cadres du principal parti d’opposition arrêtés depuis juin.
Parmi eux, Kouakou Jean-Paul Djabia, vice-président de la jeunesse du PDCI, et Emmanuelli Blé, secrétaire, ont été auditionnés par la section de recherche de la gendarmerie. Les motifs exacts de leur arrestation restent flous, mais l’avocat du groupe, Me Emile Suy Bi Gohoré, dénonce une volonté manifeste d’intimidation politique.
En toile de fond, une stratégie sécuritaire que certains lient directement à l’échéance électorale du 25 octobre. « Difficile de ne pas faire un lien avec les élections à venir », affirme Me Gohoré, qui évoque une justice instrumentalisée.
Déjà en détention, Henri Joël-Ndri Kouadio, responsable des étudiants du parti, est poursuivi pour « troubles à l’ordre public » après avoir appelé à la mobilisation en mai dernier. Innocent Yao, autre cadre de la jeunesse rurale, fait quant à lui face à des accusations plus lourdes : « atteinte à la sûreté de l’État ».
Le groupe parlementaire PDCI alerte sur un « projet d’arrestation de plusieurs personnalités politiques », soupçonnant une campagne de répression orchestrée pour affaiblir l’opposition. Le porte-parole du parti, Soumaïla Bredoumy, pourrait également être visé, selon les députés PDCI.
Le climat politique s’assombrit à l’approche du scrutin. Alors que Tidjane Thiam, président du PDCI, est écarté de la course présidentielle par décision de justice, le gouvernement, lui, rejette toute implication dans ces affaires judiciaires. Une chose est sûre : la route vers le 25 octobre s’annonce sous haute tension.
