En pleine tourmente énergétique mondiale, la Société ivoirienne de raffinage (SIR) a franchi une étape inédite en intégrant pour la première fois des produits issus de la méga-raffinerie nigériane d’Aliko Dangote dans son circuit d’approvisionnement.
L’effet d’entraînement de la crise au Moyen-Orient
Le contexte géopolitique actuel, marqué par le conflit israélo-américain en Iran et l’obstruction du détroit d’Ormuz, a totalement bouleversé les flux énergétiques mondiaux. Dans ce climat d’incertitude, la raffinerie de Dangote à Lekki s’impose comme le nouveau pivot panafricain, tournant désormais à plein régime avec une production de 650 000 barils par jour. Le complexe nigérian a déjà commercialisé 456 000 tonnes de produits raffinés vers plusieurs pays, dont la Tanzanie, le Cameroun et, désormais, la Côte d’Ivoire.
Sahara Group, le trait d’union logistique
Ce rapprochement commercial a été rendu possible grâce à l’intervention de Sahara Group. En tant que vainqueur de l’appel d’offres de la SIR, ce géant du négoce panafricain s’est tourné vers l’infrastructure de Dangote pour garantir ses engagements de livraison auprès du raffineur public ivoirien.
Toutefois, pour Tiotioho Soro, directeur général de la SIR, il convient de parler de « complémentarité » plutôt que d’un simple rapprochement. Selon lui, la forte demande de la sous-région pousse naturellement les traders à se ruer vers l’unité nigériane pour honorer leurs contrats.
Pourquoi la SIR doit-elle importer ?
Malgré une capacité de raffinage théorique de 3,8 millions de tonnes par an, la SIR fait face à des défis opérationnels:
L’unité de distillation atmosphérique a dû être arrêtée récemment pour un contrôle métallurgique de 45 à 60 jours, privant la SIR de 25 % de sa capacité de production. En 2025, la production a chuté de 15,8 %, s’établissant à 3,2 millions de tonnes. La SIR doit non seulement couvrir le marché ivoirien, mais aussi fournir le Mali et le Burkina Faso.
Une nouvelle raffinerie à l’horizon 2030
Pour mettre fin à cette dépendance aux importations, le gouvernement ivoirien a mis en place un comité de suivi piloté par le ministre Mamadou Sangafowa Coulibaly. L’objectif à long terme est ambitieux : la construction d’une deuxième raffinerie moderne d’ici 2030.
Cette nouvelle installation porterait la capacité de production globale à 10 millions de tonnes, permettant ainsi à la Côte d’Ivoire de sécuriser totalement son approvisionnement et celui de ses voisins sahéliens.
Srce : JEUNE AFRIQUE
