La scène s’est déroulée en direct, un dimanche soir, sur NCI 360, l’un des rares espaces télévisés ivoiriens où majorité et opposition se croisent face aux téléspectateurs. Invité sur le plateau de NCI 360, l’émission politique phare de la Nouvelle Chaîne Ivoirienne, Fabrice Lago, plus connu sous le nom de Steve Beko, a quitté le débat en direct. Motif : des propos du procureur visant l’arrestation des militants du PPA-CI (Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire) et du PDCI-RDA après la marche de l’opposition du 9 août.
Un départ en direct qui fait du bruit
Dimanche soir, le ton est vite monté sur le plateau de NCI 360. Alors que la discussion portait sur les suites judiciaires de la mobilisation de l’opposition, Steve Beko a exprimé son indignation face aux déclarations du procureur. Estimant que celles-ci légitimaient une répression politique, le porte-parole du Front Commun PPA-CI/PDCI a pris la décision de quitter le plateau, laissant un vide sur son fauteuil en plein direct.
Cette sortie , largement relayée sur les réseaux sociaux, a immédiatement enflammé le débat politique ivoirien.
Réaction ferme du présentateur
Ali Diarrassouba, animateur de l’émission, a dénoncé un « manque de respect » envers les téléspectateurs et l’équipe de production. « Nous invitons des acteurs politiques pour un échange d’idées. Quitter le plateau de cette façon n’est pas acceptable », a-t-il déclaré, allant jusqu’à menacer de refuser à l’avenir les invités qui adopteraient ce type de comportement.
Un geste politique calculé ?
Pour ses partisans, Steve Beko a voulu marquer un coup fort face à ce qu’il considère comme une criminalisation de l’action politique. En pleine campagne électorale, ce départ en direct devient un acte symbolique, destiné à montrer que l’opposition refuse de cautionner une tribune où ses militants sont publiquement visés par la justice.
Pour ses détracteurs, en revanche, il s’agit d’un coup médiatique risqué : quitter le débat, c’est aussi perdre la possibilité de défendre ses arguments face au public national.
Une tension politique palpable
Cet incident survient dans un climat déjà tendu. Deux jours plus tôt, l’opposition réunie au sein du Front Commun avait organisé une marche à Yopougon pour exiger une élection présidentielle « inclusive et apaisée ». Le pouvoir a répliqué par un discours ferme, et plusieurs militants des partis d’opposition font désormais l’objet de poursuites judiciaires.
