À deux jours du scrutin présidentiel, la Côte d’Ivoire a frôlé le drame. Dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 octobre, une tentative d’attentat contre une installation gazière de la société FOXTROT à Avagou, près de Jacqueville, a été déjouée par les forces de sécurité. Le parquet d’Abidjan parle d’un acte de terrorisme d’une extrême gravité.
Une attaque évitée de justesse
Selon le communiqué du procureur Koné Braman Oumar, des individus non identifiés ont tenté d’incendier la chambre de transfert de gaz de la société FOXTROT, un site stratégique pour l’alimentation énergétique du pays.
Grâce à l’intervention rapide des forces de défense et de sécurité, l’incendie a pu être évité, écartant ainsi le risque d’une catastrophe industrielle majeure.
Fort heureusement, cette tentative, qui aurait eu des conséquences incalculables, s’est soldée par un échec », a précisé le procureur dans son communiqué.
Un acte à portée politique ?
Le parquet relie cette tentative d’attentat à la vague de violences politiques qui secoue le pays depuis plusieurs semaines. En toile de fond : la décision du préfet d’Abidjan d’interdire une marche de l’opposition prévue le 11 octobre dernier.
Depuis lors, plusieurs villes du pays — Dabou, Daloa, Bouaké, Yopougon — ont été le théâtre d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, faisant craindre une escalade de la tension à l’approche du scrutin.
Le procureur dénonce également la multiplication de fausses informations et d’appels à la haine et à l’insurrection diffusés sur les réseaux sociaux. Ces dérives auraient entraîné des assassinats, des incendies de biens publics et privés, ainsi que des atteintes graves à l’intégrité physique de civils.
Des arrestations en cours
Plusieurs individus auraient déjà été interpellés dans le cadre de cette affaire et d’autres violences connexes. Certains ont été jugés et condamnés, tandis que d’autres font encore l’objet d’enquêtes judiciaires.
Le parquet assure que tous les auteurs, complices et instigateurs de ces actes seront traduits devant la justice, « quelle que soit leur qualité ».
Une atmosphère explosive avant le vote
Cette tentative d’attentat survient dans un climat politique particulièrement électrique. La méfiance entre le pouvoir et l’opposition atteint son paroxysme à la veille de la présidentielle du 25 octobre 2025.
Le gouvernement accuse certains partis d’attiser la violence pour déstabiliser le processus électoral, tandis que l’opposition dénonce une répression systématique et une dérive autoritaire du régime en place.
À Jacqueville, comme ailleurs, la tension est palpable. Et si l’attentat a été évité, la peur d’un dérapage demeure.
Le pays retient son souffle, suspendu à une question cruciale : la Côte d’Ivoire parviendra-t-elle à traverser cette période électorale sans basculer dans le chaos ?
