Les récentes tragédies impliquant de jeunes étudiantes de l’Institut National de Formation des Agents de Santé (INFAS) ont une nouvelle fois bouleversé l’opinion. Et si derrière ces drames se dessine un phénomène aussi ancien que dérangeant : le crime passionne ?
Ces hommes, qui prétendent aimer à la folie, finissent par ôter la vie à celles qu’ils disaient chérir. Mais que se passe-t-il réellement dans la tête de ces conjoints meurtriers ?
Une passion malade déguisée en amour
Souvent, ces crimes naissent d’une obsession, d’un besoin de contrôle et d’une peur viscérale de perdre l’autre. Loin d’être un signe d’amour, c’est la manifestation d’une profonde fragilité psychologique. Ces hommes ne supportent pas le rejet, la séparation ou même l’idée que leur partenaire puisse leur échapper. Ils confondent possession et affection. Derrière leur colère, c’est en réalité un vide, une immaturité émotionnelle et une incapacité à gérer la frustration qui se révèlent. Tuer par amour n’existe pas : on tue par peur, par orgueil ou par faiblesse.
L’ombre d’une génération en crise émotionnelle
Le plus inquiétant, c’est la fréquence de ces drames. Beaucoup d’auteurs de ces crimes sont de jeunes hommes, souvent instruits, mais émotionnellement démunis. Dans une société où exprimer ses émotions reste tabou pour les hommes, la frustration s’accumule jusqu’à exploser. La violence devient alors une manière déviante d’exister, de “reprendre le contrôle” une illusion de puissance qui masque, en réalité, une profonde vulnérabilité.
Pourquoi les étudiantes de l’INFAS ?
Ce qui choque davantage du moment , c’est le profil des victimes : de jeunes femmes en formation, pleines d’avenir, issues d’un même milieu. L’INFAS, symbole d’espoir et de réussite féminine, semble paradoxalement devenir un point commun tragique. Ces étudiantes incarnent l’autonomie, la réussite, l’indépendance tout ce que certains hommes en insécurité affective vivent comme une menace.
Ces crimes posent alors une question essentielle : dans quelle mesure la réussite des femmes dérange encore certains hommes fragiles dans leur ego ?
Le regard d’une spécialiste
Pour la psychologue clinicienne Dr K, jointe par Zapping Médias, ces meurtres traduisent avant tout une détresse psychique profonde :
« Ces hommes ne sont pas des passionnés, mais des individus fragiles qui n’ont pas appris à gérer la perte. Le problème, c’est que notre société valorise la virilité et le contrôle, mais jamais la vulnérabilité émotionnelle. Le crime passionnel devient alors une réponse tragique à une peur de l’abandon. »
Elle insiste :
« Tant qu’on ne parlera pas de santé mentale, de gestion des émotions et d’égalité relationnelle, ces drames continueront de se répéter. »
La vraie force, c’est de se soigner, pas de détruire
Ces crimes ne sont pas des élans d’amour incontrôlables, mais des actes de lâcheté. Derrière chaque meurtre conjugal se cache un homme qui n’a pas su affronter ses failles, ses peurs, ses frustrations. Le vrai courage, c’est d’apprendre à perdre, à dialoguer, à consulter, à se reconstruire. La vraie force, c’est de protéger, pas de posséder.
Et maintenant ?
Il est urgent que ces drames cessent d’être banalisés ou romancés. L’amour ne tue pas.Ces affaires doivent nous pousser à repenser l’éducation émotionnelle, la place de l’homme dans le couple, et l’accompagnement psychologique des jeunes adultes. Parce qu’au fond, ce ne sont pas des crimes passionnels. Ce sont des crimes de faiblesse.
