Jeunesse et formation
Né au début des années 1970 à Abidjan, dans la commune de Port-Bouët, Damana Adia Pickass est originaire du village de Bohico, près de Fresco.
Il effectue sa scolarité primaire à Bonoua, où son père était agent des Eaux et Forêts, avant de poursuivre ses études secondaires au Lycée Classique d’Abidjan (Cocody).
Durant ses années scolaires, il s’implique activement dans le mouvement estudiantin à travers la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), où il fait ses premières armes syndicales.
Il poursuit ensuite des études supérieures en France et obtient un DEA en droit public (option relations internationales) ainsi qu’un DESS en décentralisation à l’Université de Reims.
Carrière administrative et entrée en politique
De retour au pays, Damana Pickass devient administrateur civil en 2006. Il occupe par la suite le poste de chef de cabinet puis d’assistant du Directeur général de la Décentralisation et du Développement local (2007-2011).
Parallèlement, il s’engage au Front Populaire Ivoirien (FPI), où il gravit les échelons et se rapproche du président Laurent Gbagbo, dont il deviendra l’un des plus fidèles soutiens.
Rôle controversé dans la crise post-électorale de 2010
Damana Pickass se fait connaître du grand public lors de la crise post-électorale de 2010-2011.
Alors membre de la Commission Électorale Indépendante (CEI), il est filmé arrachant publiquement des feuilles de résultats partiels, les jugeant « non autorisés ».
Ce geste symbolique fera de lui une figure emblématique et controversée du camp Gbagbo. Après la chute du régime en 2011, il s’exile au Ghana, où il restera plusieurs années avant de rentrer en Côte d’Ivoire.
Le retour et la fondation du PPA-CI
Au retour de Laurent Gbagbo en 2021, Damana Pickass devient un pion central du Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI).
Il est nommé Premier Secrétaire Général du parti, puis vice-président du Conseil Stratégique et Politique (CSP).
Connu pour son ton ferme et sa loyauté inébranlable, il incarne la ligne dure du mouvement pro-Gbagbo.
Procès, condamnation et arrestations
Le parcours politique de Damana Pickass est jalonné de démêlés judiciaires.
En février 2025, il est condamné à dix ans de prison ferme pour atteinte à la défense nationale et association de malfaiteurs dans l’affaire de l’attaque du camp militaire d’Anokoua Kouté (2021).
Il est également accusé d’appel à l’insurrection après une marche interdite du 11 octobre 2025.
Le 4 novembre 2025, il est arrêté à Bingerville, une interpellation confirmée par le procureur Koné Braman Oumar.
Malgré tout, ses partisans continuent de le présenter comme un martyr politique et un fidèle parmi les fidèles de Gbagbo.
Un symbole de fidélité et de défi
Pour ses adversaires, Damana Pickass reste un agitateur.
Pour ses partisans, il est le visage de la résistance, celui qui n’a jamais renié sa loyauté envers Laurent Gbagbo, même dans l’exil ou sous les barreaux.
À chaque étape de sa carrière, Pickass aura incarné cette Côte d’Ivoire politique, passionnée, où fidélité et défi se mêlent dans un même souffle.
