Connectez-vous à nous

Hi, what are you looking for?

Société

De « Blédard » à « Fier d’être Ivoirien » : Quand la Côte d’Ivoire est devenue le summum du style

C’est l’histoire d’un retournement de veste culturel tellement rapide qu’il a presque donné le tournis aux habitants d’Abidjan. Il n’y a pas si longtemps, dans certaines banlieues françaises, le terme « blédard » était balancé comme une vanne, une gentille moquerie et parfois un vrai complexe pour désigner les cousins fraîchement débarqués de l’aéroport d’Abidjan, avec leur accent du pays et leurs sapes pas tout à fait calibrées sur la mode parisienne.

Mais ça, c’était avant. Avant la CAN (Coupe d’Afrique des Nations). Avant que le « Made in Côte d’Ivoire » ne devienne la tendance la plus lourde des réseaux sociaux. Aujourd’hui, le vent a tourné : ceux qui feignaient d’avoir oublié leurs racines se bousculent pour revendiquer leur part de 225.

La CAN : Le grand déclic de la fierté

S’il y a un avant et un après, il porte un nom : la CAN. Ce tournoi n’a pas seulement été une victoire footballistique miraculeuse ; il a été un rouleau compresseur médiatique et culturel.

Les danses, le Coupé-Décalé, l’humour ivoirien, et cette joie de vivre légendaire ont inondé TikTok et Instagram.

Soudain, la Côte d’Ivoire est devenue la destination hype où toutes les stars, les influenceurs et les artistes voulaient être vus.

Résultat ? Le regard des jeunes de la diaspora a radicalement changé. Être lié à la Côte d’Ivoire n’est plus perçu comme un « retard » culturel par rapport à la France, mais comme le summum du style et de la fête.

Le paradoxe du « Blédard » réinventé

Le phénomène est presque comique. Le mot « blédard » est en train de perdre sa charge péjorative. Aujourd’hui, porter le maillot des Éléphants, maîtriser les derniers pas de danse de Yopougon ou glisser du nouchi (l’argot ivoirien) dans ses phrases est devenu une marque de cool absolue.

On est passé du déni d’origine à une course à l’ivoirité. Ceux qui, hier, se disaient simplement « Français » ou « Parisiens » pour esquiver les clichés, affichent désormais fièrement le drapeau orange-blanc-vert dans leur bio.

Opportunisme culturel ou retour aux sources ?

On peut évidemment y voir une forme d’opportunisme. C’est toujours plus facile de revendiquer une patrie quand elle brille, qu’elle gagne et qu’elle fait danser le monde entier. À Abidjan, certains s’en amusent et accueillent ces « nouveaux Ivoiriens » avec un sourire en coin : « Ah, aujourd’hui vous nous connaissez ? »

Mais au-delà de la tendance passagère, ce phénomène traduit aussi un besoin de reconnexion. La culture ivoirienne est devenue si forte, si exportable et si valorisante qu’elle permet à cette jeunesse de la diaspora de concilier ses deux identités. Ils ne rejettent pas la France, mais ils ont trouvé en la Côte d’Ivoire une source de fierté culturelle qui leur manquait.

Le « blédard » d’hier est devenu l’ambassadeur du cool d’aujourd’hui. Reste à savoir si cette ferveur survivra à la prochaine tendance, mais pour l’instant, comme on dit à Abidjan : « Découragement n’est pas ivoirien », et la hype, elle, est bel et bien installée.

Cliquez pour commenter

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimerez aussi

Sport

Candidat unique à l’élection du 12 septembre prochain, Yacine Idriss Diallo s’apprête à solliciter un second mandat à la tête de la Fédération ivoirienne...

Sport

Entre l’Angleterre, l’Arabie saoudite, la France et les autres grands championnats, les stars ivoiriennes du football évoluent dans des univers où les salaires peuvent...

Société

Un drame encore entouré de nombreuses zones d’ombre secoue Bouna, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire. Deux adolescents de moins de 16 ans...

Société

Abidjan, véritable château d’eau électrique de l’Afrique de l’Ouest, fait face au revers de son leadership. Entre des arriérés colossaux cumulés par ses voisins...