Nommé en janvier 2024 à la tête du District Autonome d’Abidjan, le Ministre-Gouverneur Ibrahima Cissé Bacongo a immédiatement imposé sa marque de fabrique : une présence de terrain affirmée, des actions de poing et une fermeté affichée face au désordre urbain. Près de trois ans après son installation, le patron de la capitale économique dresse un bilan marqué par des transformations infrastructurelles majeures, mais aussi par d’importants débats sociétaux.
La guerre déclarée à l’insalubrité et au désordre urbain
Dès ses premiers mois de mandat, Cissé Bacongo a fait de l’assainissement et de la restructuration du cadre de vie abidjanais sa priorité absolue. Sous sa houlette, plusieurs opérations d’envergure ont été déployées dans les 13 communes du District :
Démolition des quartiers précaires situés dans des zones à risques ou sur les emprises publiques, visant à prévenir les drames dus aux inondations lors des saisons des pluies.

Déménagement et réorganisation des activités informelles qui encombraient les voies principales d’Adjamé, Yopougon ou Abobo.
Réhabilitation d’édifices emblématiques, dont la Mosquée Salam d’Adjamé et la rénovation complète de l’Hôtel du District (dont la réouverture officielle est annoncée pour janvier prochain). À Treichville, les travaux d’aménagement du Canal aux Bois se poursuivent pour embellir et assainir le site.

Fermeté et contestations sociales
Si la méthode Bacongo est saluée par une frange de la population désireuse de voir Abidjan se moderniser et rivaliser avec les grandes métropoles internationales, elle n’en reste pas moins source de vives frictions. Les opérations de déguerpissent massif ont suscité de nombreuses critiques de la part des populations impactées et des organisations de la société civile, dénonçant la précarisation des déplacés et le manque d’accompagnement social.

Face aux polémiques, le Ministre-Gouverneur est resté droit dans ses bottes, martelant que la sécurité des citoyens et la transformation durable d’Abidjan devaient primer sur les postures démagogiques.
Inscrire les acquis dans la durée
Dans une agglomération de plus de six millions d’habitants confrontée à une démographie galopante, le grand défi du District Autonome d’Abidjan réside désormais dans la pérennisation des résultats. Pour Bacongo, la deuxième phase de son action repose sur le maintien de la discipline urbaine, la sensibilisation civique et la finalisation des chantiers d’aménagements paysagers pour offrir à Abidjan le visage d’une vitrine moderne et sécurisée.
































