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Douanier tué à Yamoussoukro : une députée interpelle les syndicats de transporteurs et l’État

La mort du sous-chef des Douanes Coulibaly Lamtou Aimé, après une violente altercation avec des acteurs du transport à Yamoussoukro, relance une question devenue difficile à éviter : qui contrôle réellement certaines gares et leurs acteurs ? Face à la multiplication des violences, les syndicats de transporteurs ne peuvent-ils pas aussi prendre leurs responsabilités ?

La Côte d’Ivoire est une nouvelle fois endeuillée. À Yamoussoukro, le sous-chef des Douanes Coulibaly Lamtou Aimé a perdu la vie à la suite d’une violente altercation impliquant des acteurs du secteur du transport. Un drame qui provoque indignation et relance le débat sur les pratiques qui persistent dans certaines gares routières.

Face à cette tragédie, la députée-maire de Gohitafla, Naya Jarvis Zamblé, a appelé l’État à prendre ses responsabilités et à agir contre les acteurs qu’elle qualifie d’« incontrôlés » dans le secteur du transport.

Mais une autre question mérite d’être posée.

Syndicats de transporteurs : jusqu’à quand le silence ?

Il ne s’agit évidemment pas de mettre tous les transporteurs ou tous les syndicats dans le même sac. Des milliers de professionnels exercent leur activité honnêtement et contribuent chaque jour au fonctionnement de l’économie ivoirienne.

Mais lorsqu’un drame aussi grave survient et que les mêmes problèmes liés à la violence, à l’incivisme et au contrôle des espaces de transport reviennent régulièrement dans le débat public, les organisations qui représentent le secteur ont aussi une responsabilité à assumer.

Peut-on continuer à dénoncer uniquement les décisions de l’État lorsqu’il s’agit de réorganiser les gares, sans accepter de regarder les dérives qui existent à l’intérieur même du secteur ?

Peut-on réclamer davantage de reconnaissance pour les transporteurs tout en restant silencieux lorsque certains individus se comportent comme s’ils étaient au-dessus des lois ?

L’État doit agir, mais le secteur doit aussi faire son ménage

La députée Naya Jarvis Zamblé estime que « la loi du plus fort, l’incivisme et la violence » ne peuvent pas s’imposer dans un État de droit. Elle appelle notamment à des mesures fermes pour assainir les gares, mieux encadrer le secteur et mettre hors d’état de nuire ceux qui sèment la violence.

Cette interpellation mérite d’être entendue.

L’État doit évidemment faire respecter la loi. Mais les syndicats et organisations de transporteurs doivent également démontrer qu’ils sont capables de faire respecter des règles à leurs membres et de condamner clairement les comportements qui ternissent l’image de toute une profession.

Car à force de laisser quelques individus imposer leur loi, c’est tout un secteur qui finit par être associé à l’incivisme et à la violence.

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