Ce qui n’était au départ qu’une banale altercation routière a viré au drame sanglant le week-end dernier à Bagohouo. Retour sur 48 heures de haute tension qui ont ébranlé la cohésion sociale.
L’engrenage : d’un simple malentendu à l’homicide
Tout commence le vendredi 20 février. L’élément déclencheur est d’une banalité tragique : la conduite jugée « imprudente » d’un jeune ressortissant malien à moto dans un quartier à majorité guéré.
Ce qui suit est un terrible enchaînement d’incompréhensions :
Des jeunes locaux immobilisent l’engin pour demander des comptes au conducteur. Le motocycliste alerte ses proches en prétendant s’être fait arracher sa moto. Une expédition de secours se transforme en lynchage. Un jeune guéré, roué de coups, succombe à ses blessures peu après son transfert à l’hôpital.
L’escalade : un samedi noir marqué par les représailles
La nouvelle du décès agit comme une traînée de poudre. Dès l’aube du samedi, la vengeance prend le pas sur la raison :
Des groupes de jeunes en colère investissent le quartier des ressortissants maliens. Plusieurs habitations sont la proie des flammes, plongeant les familles dans l’effroi et poussant des dizaines d’habitants à fuir vers les campements de brousse.
Le retour à l’ordre : l’intervention musclée de la gendarmerie
Face à une situation qui menaçait de consumer toute la localité, le sous-préfet a ordonné une intervention d’urgence.
« Le calme a dû être rétabli par la force de la loi. » Le déploiement massif de la gendarmerie a donné lieu à des confrontations tendues. À coups de gaz lacrymogènes et suite à plusieurs interpellations ciblées, les forces de l’ordre ont fini par reprendre le contrôle des rues, mettant fin aux velléités d’affrontements.
L’autorité préfectorale multiplie les réunions de crise et de sensibilisation pour désamorcer les rancœurs. Un cri unanime pour que justice soit faite et pour que cesse le cycle de la violence privée.
