Considérée comme l’un des rares poumons verts du V-Baoulé, la région de l’Iffou fait face à une catastrophe écologique et économique sans précédent. Sous la pression de l’orpaillage illégal, près de la moitié des terres arables ont déjà disparu, menaçant directement la sécurité alimentaire du pays.
Dans le Centre de la Côte d’Ivoire, la région de l’Iffou (Daoukro, M’Bahiakro, Prikro) jouit d’un privilège écologique exceptionnel : une couverture forestière dense préservée au cœur du pays baoulé. Cette richesse naturelle en a fait le véritable « grenier » de la zone centre. C’est d’ici que proviennent la majorité des bananes, des ignames et des aubergines qui alimentent les grands marchés de la région et de la capitale économique.
Pourtant, ce patrimoine agricole précieux est aujourd’hui défiguré par les pelles mécaniques, le mercure et le cyanure.
Un patrimoine foncier décapité
Les chiffres du désastre sont alarmants : près de 50 % des terres arables de la région sont désormais hors d’usage, transformées en cratères stériles et en cours d’eau pollués. La ruée vers l’or clandestin détruit le sol superficiel, rendant toute culture impossible pour des décennies.
Menace sur la sécurité alimentaire : En détruisant les plantations de bananes et les champs d’ignames, les orpailleurs réduisent l’offre sur les marchés nationaux, poussant les prix des denrées de base à la hausse.
Perte de la biodiversité forestière : La forêt de l’Iffou, véritable exception environnementale du V-Baoulé, subit un déboisement sauvage qui altère le microclimat local et assèche les nappes phréatiques.
Pollution chimique : L’usage massif de produits toxiques pour l’extraction de l’or empoisonne les sols vivriers ainsi que les affluents des fleuves locaux.
Le dilemme des populations locales
Sous la pression financière ou la ruse de réseaux organisés, de nombreux propriétaires terriens cèdent leurs paires d’hectares contre des sommes d’argent immédiates, sans mesurer l’impact irréversible sur les générations futures. Une fois l’or extrait, les exploitants clandestins abandonnent des terres décapitées, incapables de nourrir les familles qui en vivaient depuis des générations.
Face à ce drame , les opérations d’évacuation menées par les forces de sécurité doivent s’accompagner d’un plan d’urgence de réhabilitation des sols et d’une prise de conscience collective pour sauver ce qui reste du grenier agricole du Centre.































