Santé

Ebola : parmi les « 10 pays africains à risque », quelle place pour la Côte d’Ivoire ?

L’inquiétude monte autour de la résurgence du virus Ebola sur le continent africain. Alors que l’Ouganda vient d’annoncer trois nouveaux cas confirmés, l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) a placé dix pays africains sous haute surveillance en raison des risques de propagation de l’épidémie partie de la République démocratique du Congo (RDC).

Bonne nouvelle toutefois pour l’Afrique de l’Ouest : la Côte d’Ivoire ne figure pas parmi les pays considérés à risque par l’Africa CDC.

Une alerte continentale face à une épidémie inquiétante

Lors d’une conférence de presse tenue le 23 mai, le président de l’Africa CDC, Jean Kaseya, a indiqué que dix pays africains étaient particulièrement exposés à une propagation du virus Ebola en dehors de la RDC, épicentre actuel de l’épidémie.

Les pays concernés sont :

  • Le Soudan du Sud
  • Le Rwanda
  • Le Kenya
  • La Tanzanie
  • L’Éthiopie
  • Le Congo
  • Le Burundi
  • L’Angola
  • La Centrafrique
  • La Zambie

Selon l’agence sanitaire africaine, cette flambée épidémique est déjà considérée comme « la deuxième plus importante au monde » depuis l’apparition du virus.

Pourquoi ces pays sont-ils considérés à risque ?

La majorité des pays cités partagent soit des frontières avec la RDC ou l’Ouganda, soit d’importants flux commerciaux et humains avec les zones touchées.

Le Soudan du Sud et le Rwanda en première ligne

Le Soudan du Sud et le Rwanda figurent parmi les pays les plus surveillés en raison de leurs échanges constants avec l’est de la RDC, région où le virus circule activement.

Le Kenya et la Tanzanie sous surveillance

Le Kenya et la Tanzanie, grands carrefours régionaux en Afrique de l’Est, inquiètent particulièrement les autorités sanitaires à cause des mouvements transfrontaliers et du trafic aérien.

L’Angola, la Zambie et la Centrafrique concernés

Ces pays, bien qu’un peu plus éloignés du foyer principal, entretiennent des connexions humaines et commerciales régulières avec les zones affectées, augmentant les risques de transmission.

L’Ouganda déjà touché

L’Ouganda avait confirmé la présence du virus Ebola sur son territoire le 15 mai après l’apparition de deux premiers cas, dont un décès.

Le ministère ougandais de la Santé a annoncé ce 23 mai que trois nouveaux cas ont été détectés, portant le total à cinq infections confirmées.

Parmi les personnes contaminées figurent :

  • un chauffeur ayant transporté le premier malade ;
  • une professionnelle de santé infectée lors des soins ;
  • une ressortissante congolaise arrivée par avion en Ouganda.

Les autorités assurent que tous les cas contacts identifiés font actuellement l’objet d’un suivi sanitaire strict.

La Côte d’Ivoire absente de la liste des pays à risque

Malgré cette alerte régionale, la Côte d’Ivoire n’a pas été classée parmi les pays à risque par l’Africa CDC.

Une situation rassurante qui s’explique notamment par l’absence de proximité géographique directe avec les foyers actuels de contamination et par les dispositifs de surveillance sanitaire déjà renforcés dans plusieurs pays ouest-africains depuis les précédentes crises Ebola.

Une épidémie qui inquiète l’OMS

Face à l’évolution rapide de la situation, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché une alerte sanitaire internationale.

Selon les derniers chiffres communiqués :

  • près de 750 cas suspects ont été recensés en RDC ;
  • environ 177 décès suspects ont été signalés.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a alerté sur une propagation « rapide » de l’épidémie dans l’est de la RDC.

Une souche particulièrement difficile à combattre

Le virus responsable de cette flambée appartient à la souche Bundibugyo d’Ebola, pour laquelle aucun vaccin ni traitement homologué n’existe actuellement.

Les autorités sanitaires misent donc principalement sur :

  • le respect des mesures barrières ;
  • la détection rapide des cas ;
  • l’isolement des personnes contaminées ;
  • le suivi des contacts à risque.

Bien qu’Ebola soit moins contagieux que le Covid-19 ou la rougeole, cette fièvre hémorragique reste extrêmement dangereuse et a causé plus de 15 000 morts en Afrique au cours des cinquante dernières années.

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