La décision est désormais officielle : Emerse Faé ne sera pas reconduit à la tête des Éléphants. Dans son communiqué daté du 31 juillet 2026, la Fédération ivoirienne de football annonce que le contrat du sélectionneur arrivé à son terme ne fera pas l’objet d’un renouvellement, tout en saluant son engagement, son professionnalisme et sa contribution aux résultats récents de la sélection.
Mais derrière cette annonce, une autre question agite désormais le football ivoirien : cette séparation était-elle véritablement devenue inévitable depuis plusieurs mois ?
Des relations qui auraient changé en interne
Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, des rumeurs faisaient état de désaccords en interne autour du maintien d’Emerse Faé. Une première prolongation de seulement quelques mois avait d’ailleurs été rapportée par Sport News Africa, dans un contexte particulier : le calendrier de la sélection croisait celui de l’élection à la présidence de la FIF. Selon ce média, le comité d’urgence avait finalement décidé de maintenir Faé pour trois mois afin d’assurer la transition avant l’installation de la future équipe dirigeante.

Cette séquence nourrit aujourd’hui les interrogations. Pourquoi une prolongation aussi courte si la confiance était totale ? Était-ce simplement une décision pragmatique liée au calendrier ou déjà le signe qu’une partie des dirigeants envisageait un changement de sélectionneur ?
C’est précisément sur ce terrain que les déclarations de Romain Molina viennent alimenter le débat.

Les révélations de Romain Molina relancent la polémique
Le journaliste français avait affirmé publiquement que le président de la FIF, Idriss Diallo, n’aurait jamais réellement souhaité Emerse Faé à la tête des Éléphants, évoquant même l’idée d’une volonté de voir arriver un autre technicien. Molina a également évoqué des remous internes liés aux activités professionnelles de la compagne du sélectionneur et un possible conflit d’intérêts.
Il faut toutefois distinguer les faits établis des affirmations avancées par le journaliste. Aucune preuve publique ne permet, à ce stade, d’établir que les décisions sportives de Faé auraient été influencées par ces intérêts privés. En revanche, la question mérite d’être posée lorsqu’une même agence est associée à l’épouse du sélectionneur et représente parallèlement plusieurs personnes gravitant autour de la sélection.
Une enquête publiée par IvoireDiaspo affirme notamment qu’Elifa Agency, structure dont Liliane Faé est présentée comme associée, représente Emerse Faé ainsi que certains membres de son staff et des joueurs. Le média estime que cette configuration peut constituer une situation de conflit d’intérêts potentiel et déplore l’absence de communication claire sur les mécanismes de prévention ou de contrôle. Ces affirmations restent contestables et mériteraient surtout des réponses précises des personnes concernées et de la FIF.
Idriss Diallo et Emerse Faé : une proximité qui interroge

Pendant une longue période, l’image renvoyée publiquement était pourtant celle d’une équipe dirigeante pleinement derrière son sélectionneur. Idriss Diallo et Emerse Faé ont été associés à l’une des périodes les plus importantes de l’histoire récente des Éléphants, notamment après le sacre continental de 2024 et la qualification pour le Mondial 2026.
Difficile donc de parler ouvertement de rupture brutale sans rappeler cette proximité institutionnelle.
Mais dans le football, une relation professionnelle peut évoluer rapidement lorsque les résultats, les ambitions ou les équilibres internes changent.
La question est alors de savoir si le non-renouvellement de Faé constitue uniquement une décision sportive ou s’il marque aussi l’aboutissement de désaccords plus profonds au sein de la FIF.
Hervé Renard, le nom qui revient déjà
Et c’est ici qu’un nom refait surface : Hervé Renard.

Ce n’est pas une hypothèse sortie de nulle part. En janvier 2024, alors que Jean-Louis Gasset venait de quitter son poste, Idriss Diallo avait déjà tenté de convaincre la Fédération française de football de permettre à Hervé Renard de rejoindre temporairement les Éléphants pour la suite de la CAN. L’Équipe avait alors révélé que la FIF avait officiellement contacté son homologue française à ce sujet.
Ce précédent donne donc du poids aux bruits de couloir actuels, même s’il ne constitue absolument pas la preuve qu’Hervé Renard sera le prochain sélectionneur.
Une éventuelle arrivée du technicien français serait cependant lourde de sens. Renard connaît déjà la maison ivoirienne et possède un lien particulier avec le football national depuis son sacre à la CAN 2015. Son nom apparaît donc naturellement parmi les pistes crédibles lorsqu’une nouvelle ère s’ouvre.
Une succession qui pourrait rebattre les cartes
Le départ de Faé ouvre surtout une période de fortes interrogations. Qui prendra les commandes ? Quelle philosophie sera privilégiée ? Et surtout, la prochaine nomination sera-t-elle le résultat d’un véritable choix sportif ou la conséquence d’un nouvel équilibre politique et institutionnel au sein du football ivoirien ?
Pour l’heure, une seule chose est certaine : Emerse Faé s’en va, et une nouvelle bataille commence pour le banc des Éléphants.
Le reste les éventuelles tensions avec Idriss Diallo, les ambitions autour d’Hervé Renard et les accusations de conflits d’intérêts relève encore, pour partie, du bruit de couloir et de déclarations qui demandent à être confirmées ou démenties par les principaux intéressés.
Et c’est précisément là que se situe le véritable enjeu : qui a décidé du départ de Faé, pourquoi maintenant et qui sera le prochain bénéficiaire de ce changement ?































