l’influenceuse et entrepreneure Emmanuelle Keita dénonce l’injustice perçue lors du concours Miss Univers, utilisant le parcours d’Olivia Yacé comme un symbole de la remise en question éternelle de la race noire dans les systèmes de reconnaissance internationale.
Le Mérite Écrasé : Le Cas Olivia Yacé
Emmanuelle Keita ouvre sa tribune en affirmant sans ambiguïté qu’Olivia Yacé méritait de remporter le titre de Miss Univers, non par émotion, mais par
« mérite pur ».
Elle la décrit comme « prête, solide, brillante », dont le classement final (Top 3) est une injustice criante.
Keita raconte avoir vu le mouvement dans les yeux d’Olivia Yacé lors de l’annonce du résultat et confie que ses propres larmes ont coulé. Elle y a vu un vol : « on vient de lui arracher quelque chose. » La raison de cette défaite n’est, selon elle, pas un manque de charisme ou de prestance, mais un manque de puissance dans les codes de l’Occident, ou, plus crûment, parce qu’elle était « un peu trop chocolat. Et qu’ils avaient envie de vanille. »
Le Scénario Biaisé et la Stratégie du « Derrière Soudé »
L’auteure remet en question la sincérité des gestes et des scènes qui se déroulent dans ces concours, pointant du doigt la performance d’une autre Miss (Miss Mexique est citée, faisant référence à l’édition 2020) lors d’un moment de rébellion publique. Le geste de se lever et de taper sur la table n’était pas un « acte de courage » mais une « scène » et un « message subliminal ». Emmanuelle Keita soutient que dans un concours où l’humilité est de rigueur, celle qui se rebelle est souvent celle dont le résultat est déjà assuré. Elle cite le proverbe africain : « si tu vois quelqu’un qui n’a plus peur de rien, c’est que sa route est déjà tracée. »
Le Piège du Quota et les « Alibis Visuels »
L’auteure dénonce la tactique des organisateurs pour maintenir une façade d’équité sans changer le système : l’utilisation de quotas et d’alibis visuels. Elle refuse de se contenter de la Miss Univers noire qui gagne « avec les cheveux courts », car ce serait un simple « alibi visuel » pour calmer les consciences et dire : « on n’est pas injustes. » La candidate noire, même brillante, est mise là « essentiellement pour dire qu’on ne discrimine pas ». Le but est d’« apaiser, maquiller, équilibrer la scène… mais pas le système. »
Pourquoi Continuer le Combat ?
Malgré ce constat sombre sur les concours « déjà biaisés », Emmanuelle Keita conclut en affirmant qu’il est noble de continuer à participer.Ce combat n’est pas mené pour la génération actuelle, mais « pour les générations après nous. » La participation est nécessaire pour rappeler aux décideurs que la « saveur chocolat, elle aussi, est premium » et qu’elle mérite de ne plus être reléguée au rôle de simple quota ou de second choix derrière la « vanille. »
