Alors que les regards du monde entier sont braqués sur le Moyen-Orient, où les tensions militaires continuent de secouer les marchés énergétiques, la Côte d’Ivoire évite pour l’instant la flambée redoutée à la pompe.
La Direction Générale des Hydrocarbures a publié la grille des prix maxima de détail des produits pétroliers pour la période du 1er au 31 mars 2026, et contre toute attente, les tarifs du super sans plomb et du gasoil restent inchangés sur l’ensemble du territoire.
Le super sans plomb demeure fixé à 820 FCFA le litre, tandis que le gasoil reste à 675 FCFA le litre, un maintien qui rassure les automobilistes, transporteurs et ménages déjà sous pression économique.
Le spectre du Moyen-Orient faisait craindre une hausse
Cette stabilité a pourtant tout d’une surprise.
Depuis plusieurs semaines, le marché pétrolier international vit au rythme des secousses géopolitiques au Moyen-Orient. Les tensions autour du détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une grande partie du pétrole mondial, ont fait bondir le Brent à plusieurs reprises, flirtant avec les 80 à 84 dollars le baril, avec même des pointes bien au-delà selon certaines séances de panique.
Dans un tel contexte, beaucoup redoutaient une hausse automatique des prix à la pompe en Côte d’Ivoire, pays importateur et sensible aux variations du marché international.
Mais pour ce mois de mars, les autorités ivoiriennes ont choisi la stabilité pour les particuliers, sans répercuter immédiatement la nervosité des marchés.
Un soulagement pour les transporteurs et les ménages
Cette décision est perçue comme un véritable ouf de soulagement.
À Abidjan comme à l’intérieur du pays, une hausse du carburant aurait eu des répercussions immédiates sur : le transport urbain, le prix des denrées alimentaires, la logistique des entreprises, les coûts de production et le panier de la ménagère.
Le maintien du gasoil est particulièrement stratégique, car il touche directement les gbakas, les camions de livraison, les taxis et une grande partie du transport interurbain.
Autrement dit, ce statu quo évite pour l’instant une nouvelle pression inflationniste sur le quotidien des Ivoiriens.
La vraie question reste désormais celle de la durée.
Si les tensions au Moyen-Orient persistent ou s’aggravent, notamment autour des routes maritimes du Golfe, la Côte d’Ivoire pourrait difficilement rester longtemps à l’abri d’une hausse.
Le pétrole mondial reste extrêmement volatil et chaque nouvelle escalade militaire fait trembler les marchés.
Pour les consommateurs ivoiriens, ce mois de mars ressemble donc à un répit plus qu’à une victoire définitive.
La grande frayeur est passée… mais les yeux restent rivés sur la prochaine décision des autorités.
